• ET TU N'ES PAS REVENU, MARCELINE LORIDAN-IVENS

    [book] Et tu n'es pas revenu ∞ Review

    F I C H E   D U   L I V R E

    Titre : Et tu n'es pas revenu
    Auteur : Marceline Loridan-Ivens
    Nombre de pages : 112 pages
    Genre : Témoignage historique
    Éditeur : Grasset, 2015

    S Y N O P S I S

    « J’ai vécu puisque tu voulais que je vive. Mais vécu comme je l’ai appris là-bas, en prenant les jours les uns après les autres. Il y en eut de beaux tout de même. T’écrire m’a fait du bien. En te parlant, je ne me console pas. Je détends juste ce qui m’enserre le cœur. Je voudrais fuir l’histoire du monde, du siècle, revenir à la mienne, celle de Shloïme et sa chère petite fille. »

    (c) AMAZON

    M Y   I M P R E S S I O N (attention spoilers)

       Il est parfois difficile de trouver un bon livre, je me suis donc laissée tenter par le challenge « romans historiques » de Livraddict 2017 pour faire mon choix et j’ai choisi ce livre écrit par une rescapée du camp de Birkenau. Ce livre m’a vraiment bouleversée mais en même temps j’ai été un peu déçue. En fait, je m’attendais à lire un roman avec de nombreux protagonistes et des bouleversements, un peu comme dans Le journal d’Anne Frank, mais en fin de compte, il s’agit plus d’un témoignage, d’une lettre d’une fille à son père dont l’absence a laissé un énorme vide. Si la forme de l’ouvrage m’a quelque peu laissée sur ma faim, il n’en reste pas moins que sur le fond, c’est une histoire extrêmement émouvante. J’ai toujours été touchée par les nombreux témoignages des rescapés des camps de concentration et d’extermination, mais celui-ci m’a vraiment bouleversée au plus haut point car je n’ai pu m’empêcher de m’imaginer à la place de Marceline, moi qui suis tellement proche de mon papa. C’était vraiment les larmes aux yeux que je tournais page après page, le récit n’est pas très long, il ne brasse pas énormément de matière, mais il est impossible de rester de glace face à un tel témoignage. J’ai apprécié de lire pour une fois un livre qui abordait la difficulté des rescapés de se réintégrer dans la société, on pourrait penser qu’après avoir vécu le pire, ils pourraient retrouver facilement le gout de vivre auprès des leurs, mais il n’en est rien… Ils sont complètement détruits et se reconstruire est très difficile, tout comme trouver sa place dans une société avec l’étiquette de « juif rescapé ». Comment réussir à vivre dans la société française partagée entre culpabilité et dégout face aux atrocités auxquelles elle a elle-même pris part ? Comment réussir à partager la vie de nos proches qui n’ont pas connu les camps ? Comment une famille peut se reconstruire après avoir perdu un père, un mari dans un camp ? Tant de questions qui sont souvent délaissées dans les romans qui abordent le sujet tant ils se concentrent sur la vie dans les camps, ce qui n’est pas du tout le cas ici. Marceline va très loin en parlant des conséquences de ces camps, jusqu’à la création d’Israël et la catastrophe du World Trade Center en 2001 qui a réveillé en elle d’horribles souvenirs. Bien évidemment, Marceline aborde certains aspects de la vie au camp, mais des moments forts, souvent très personnels. Elle n’a pas besoin de décrire ces aspects car son ouvrage s’adresse avant tout à son papa qui n’est pas revenu du camp d’Auschwitz, lui, il était comme elle, il avait connu l’horreur que les autres ne peuvent s’imaginer et ses mots ne cessent de la hanter « Toi tu reviendras peut-être parce que tu es jeune, moi je ne reviendrai pas ».

    Dans la vie, la vraie, on oublie aussi, on laisse glisser, on trie, on se fie aux sentiments. Là-bas, c'est le contraire, on perd d'abord les repères d'amour et de sensibilité. On gèle de l'intérieur pour ne pas mourir. Là-bas, tu sais bien, comme l'esprit se contracte, comme le futur dure cinq minutes, comme on perd conscience de soi-même.

       Marceline est également un personnage particulier, elle ne se lamente pas sur son sort, elle ne s’est pas forcée à devenir l’être que l’on attendait d’elle après la guerre, elle a décidé de prendre le parti de défendre la liberté des autres à défaut de pouvoir reconstruire sa vie personnelle, elle a pris part au monde politique, un peu comme Simone Veil qu’elle a côtoyée. Elle a participé aux plus grands bouleversements de son époque, c’est vraiment une grande dame qui se dévoile dans cet ouvrage, qui ose faire part de ses doutes, de ses convictions, le tout avec intensité et honnêteté. C’est un témoignage qu’il faut lire dans une époque où l’on tombe à nouveau dans la haine de l’Autre, pour ne pas oublier jusqu’où la bêtise humaine peut mener.

    E N   C O N C L U S I O N

    ★★★★★   

       Un ouvrage qui nous captive du début à la fin, très émouvant et très sincère, qui se lit d'une traite mais laisse un souvenir impérissable. 9/10. 

    S.


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  • L'ÉPOUVANTEUR - TOME 1, JOSEPH DELANEY

    [book] L'épouvanteur, Tome 1 : L'apprenti-épouvanteur ∞ Review

    F I C H E   D U   L I V R E

    Titre : L'Épouvanteur, Tome 1 : L'apprenti-épouvanteur
    Auteur : Joseph Delaney
    Nombre de pages : 275 pages
    Genre : Roman fantastique/fantasy/jeunesse
    Éditeur : Bayard Édition Jeunesse, 2005

    S Y N O P S I S

       "L'Épouvanteur a eu de nombreux apprentis, me dit maman. Mais peu ont achevé leur formation. Et ceux qui y sont parvenus sont loin d'être à la hauteur. Ils sont fragiles, veules ou lâches. Ils se font payer fort cher de bien maigres services. Il ne reste que toi, mon fils. Tu es notre dernière chance, notre dernier espoir. Il faut que quelqu'un le fasse. Il faut que quelqu'un se dresse contre les forces obscures. Tu es le seul qui en soit capable. " Thomas Ward, le septième fils d'un septième fils, devient l'apprenti de l'Épouvanteur du comté. Son maître est très exigeant. Thomas doit apprendre à tenir les spectres à distance, à entraver les gobelins, à empêcher les sorcières de nuire... Cependant, il libère involontairement Mère Malkin, la sorcière la plus maléfique qui soit, et l'horreur commence...

    (c) AMAZON

    M Y   I M P R E S S I O N (attention spoilers) 

       J’aime beaucoup les récits fantastiques mais je déplore très souvent de trouver des schémas trop répétitifs, où la romance prend le pas sur le fantastique. À défaut de trouver un synopsis qui me plaise dans la littérature pour adultes, je me suis tournée vers la littérature jeunesse et j’ai été agréablement surprise. Il faut avouer que si Amazon n’avait pas fait une offre éclair sur le roman au format kindle, je serais probablement passée à côté. Je n’en avais jamais entendu parler et je trouve que la couverture ne donne pas très envie, mais au final, j’ai bien fait de me lancer.

    La pluie se mit à tomber. Froide, serrée, elle me cinglait le visage. Mon père l'aurait qualifiée de "pluie qui mouille". Toutes les pluies mouillent, évidemment. Mais certaines semblent plus déterminées que d'autres à vous tremper comme une soupe. C'était le cas de celle-ci, et je me hâtais vers la demeure de l'Epouvanteur.

       Le premier tome de cette série qui en comprend douze à l’heure actuelle met en place un monde qui ressemble très fortement au nôtre. En fait, du point de vue des lieux, je n’ai guère été dépaysée. J’ai rapidement situé l’intrigue quelque part en Grande-Bretagne car j’ai trouvé que la description des lieux s’y prêtait fort bien. Cela aurait pu me décevoir si je m’étais attendue à un monde utopique, mais cela ne m’a pas ennuyée. Au contraire, j’ai apprécié cet ancrage dans la réalité car cela permet de plonger le lecteur directement dans l’histoire vu qu’il ne perd pas ses repères.

       Ensuite, l’histoire en elle-même est bien écrite. L’auteur a un style intéressant, pas de longs discours ni de descriptions interminables, il dose juste comme il faut les deux pour que le lecteur soit pris dans l’histoire. J’ai trouvé son écriture vraiment fluide et j’ai lu le roman à la vitesse de l’éclair sans jamais m’ennuyer. J’ai beaucoup aimé suivre ce roman où le jeune Tom fait ses débuts en tant qu’épouvanteur. Dans son apprentissage, il m’a un peu rappelé le héros de Harry Potter. Il est un peu gauche au début, ne s’attend pas au destin qui est sien, il y a un secret de famille, par une série d’essai et d’erreur il apprend pour en sorti grandi. Le changement dans la psychologie du personnage n’est pas flagrant : l’auteur sait y aller doucement pour ménager le suspense et surtout ne pas donner l’impression que les choses vont trop vite. Il n’hésite pas à parler des craintes de Tom : l’apprenti est encore un petit garçon et tout comme le public auquel s’adresse l’ouvrage, il peut avoir peur la nuit, il a encore besoin des conseils de sa maman, etc. J’ai beaucoup aimé que le personnage central soit si jeune, j’avais peur que s’il avait été plus âgé, on soit à nouveau tombés dans les mêmes travers avec une romance qui prend le pas sur le roman d’apprentissage. J’ai également apprécié le côté didactique du livre : Tom doit à chaque fois noter ce qu’il découvre sur les créatures, tenir un journal, et ainsi, j’ai eu l’impression que moi aussi je faisais un apprentissage pour devenir épouvanteur car j’apprends en même temps que lui.

    Il n'y a rien dans cette maison qui puisse te nuire tant que tu te comportes bravement. Souviens-toi: l'obscur se nourrit de peur. Domine ta peur, et aucune ombre ne tentera quoi que ce soit contre toi.

       Si Tom est très attachant et qu’on a envie de voir comment il va finir par se débrouiller, un autre personnage a réussi à m’intriguer : sa maman. On parle très peu du passé de la maman de Tom, on sait juste qu’elle vient de Grèce (c’est d’ailleurs étonnant de retrouver un personnage d’origine grecque dans un roman fantastique), mais elle semble être un pilier du roman. Tom a beaucoup d’estime pour elle et j’ai parfois eu quelques hésitations : est-ce qu’il est en train d’idéaliser sa maman ou est-elle vraiment une héroïne ? Un véritable mystère entoure sa maman et ses pouvoirs… et le mystère n’est pas dévoilé à la fin du premier roman. On sait juste que le maître épouvanteur semble également la mettre sur un piédestal... comme j’ai été curieuse, j’ai été lire les synopsis des tomes suivants pour savoir qui était vraiment la maman et ça m’a beaucoup surprise, j’ai vraiment envie de lire les autres tomes pour connaître les détails et savoir comment ce personnage est mis en avant et comment son histoire est dévoilée.

       J’ai également apprécié le personnage d’Alice car au début on ne dit pas quel genre de « créature » elle est, on dit juste qu’il faut s’en méfier car… elle a des chaussures pointues. Ce personnage est vraiment à double tranchant et ambivalent, j’ai eu du mal à savoir si elle était vraiment gentille ou si elle était méchante, et cette tension entre le bien et le mal est vraiment présente chez elle tout au long du roman au point où Tom se demande s’il doit la tuer ou pas. J’avais un peu peur que l’introduction de ce personnage féminin fasse sombrer le roman dans la romance, mais pour le moment l’auteur a réussi à éviter cet écueil.

    - Je n'ai pas tout compris, à propos des sorcières, dis-je.
    - C'est simple, expliqua-t-il. Les pernicieuses sont mauvaises, les bénévolentes sont bonnes. Quant aux inconscientes, elles ignorent qu'elles sont sorcières. Et, comme elles sont également femmes, elles causent deux fois plus de problèmes. Ne fais jamais confiance à une femme!
    - Ma mère est une femme, répliquai-je avec un brin d'irritation. Et je lui fais confiance.
    - Les mères sont généralement des femmes, ironisa l'Epouvanteur, et généralement dignes de confiance au moins pour leurs fils.

       En évitant d’inclure des dizaines de personnages et en se concentrant sur quelques principaux, l’auteur ne se disperse pas et permet au lecteur de rester concentré sur l’histoire principale et le monde dans lequel il évolue qui ressemble tant au nôtre, avec un petit côté mystique et nébuleux en plus, le tout avec une grande justesse.

    E N   C O N C L U S I O N

    ★★★★☆      

       Même s’il s’agit d’une œuvre de jeunesse, ce roman peut être lu par tous avec une grande facilité. On est rapidement pris par l’histoire qui est très limpide, les personnages sont attachants et je ne me suis pas ennuyée une seconde. L’atmosphère du roman a un petit côté moyenâgeux : des petits villages éparpillés, des métiers simples et ruraux ; le tout avec un aspect « hanté » grâce aux gobelins, pendus, fantômes et sorcières. Je vais essayer de lire le Tome 2 bientôt car j’ai beaucoup apprécié cette histoire et je veux en apprendre plus sur les apprentis de l’épouvanteur qui ont précédé Tom ainsi que sur sa maman. Je mets 8/10 à ce roman car j’ai passé un excellent roman en le lisant.

    S.


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  • THE WITNESS

    [movie] The Witness ∞ chinese thriller (Review)

    F I C H E   D U   F I L M

    Titre original : Wo Shi Zheng Ren The Witness
    Année : 2015
    Durée : 112 minutes
    Genre : Thriller - Action - Suspense - Drame
    Pays : Chine
    Acteurs : Lu Han, Yang Mi, Wang Jing Chun
    VOSTFR : Hallyu Fansub

    S Y N O P S I S

       Lu Xiao Xing (Yang Mi) était une policière débutante lorsqu'elle perdit la vue. Trois ans plus tard, aidée de son chien guide, Cong Cong, elle essaye de s'en sortir dans la vie. Un soir de plus, elle prend un "taxi" mais un accident arrive : le chauffeur renverse une personne et on découvre ainsi qu'il n'était pas chauffeur de taxi, mais un tueur en série. Guidée par son instinct, elle tente d'aider la police à retrouver le tueur en série et fait ainsi la rencontre de l'autre témoin de l'accident : Lin Chong (Luhan). Mêlés à l'enquête policière, ils deviennent les cibles du tueur... 

    M Y   I M P R E S S I O N (attention spoilers)

      Si j'ai regardé ce film, c'est en grande partie dû au hasard. Alors que j'errais sur youtube à la recherche de chansons en chinois pour un peu pratiquer ma compréhension à l'audition, je suis tombée sur le MV Medals de Luhan. Si la chanson m'avait beaucoup plu, le clip avait encore plus attiré mon attention. En lisant les commentaires sur la vidéo, j'avais remarqué que les extraits étaient tirés du film "The Witness", je me suis donc précipitée dessus car j'avais vraiment envie de le voir et en plus, ça me permet de pratiquer un peu mon mandarin. Je pense que j'en avais déjà parlé lorsque j'avais écrit ma review sur le film taïwanais Campus Confidential : j'essaye de temps en temps de regarder des films chinois (les dramas ne me plaisent pas du tout) pour m'entrainer à la compréhension à l'audition car je trouve vraiment pratique qu'ils mettent les caractères chinois en sous-titres, ça permet d'identifier la prononciation des caractères que je connais, etc. Mais je ne suis pas là pour parler de mes efforts pour apprendre une langue qui me semble de plus en plus hermétique. 

    [movie] The Witness ∞ chinese thriller (Review)[movie] The Witness ∞ chinese thriller (Review)

       Donc pour en revenir au film... J'ai très rapidement été prise par l'intrigue. Dès le début, j'ai apprécié le personnage de Xiao Xing : en tant que flic, elle semblait être une personne forte, avec un sacré caractère et j'aimais bien son côté surprotecteur avec son frère (je suis un peu ainsi avec le mien aussi ^^). Je l'ai rapidement trouvée très attachante et j'avais envie d'en apprendre plus sur son personnage. Surtout que je n'avais pas lu le résumé du film, je m'étais lancée dans le visionnage juste après avoir vu le MV de Luhan, donc j'ai vraiment été très choquée par la tournure des événements qui ont suivi. Son frère est complètement inconscient lorsqu'il provoque l'accident et je n'arrivais pas à lui pardonner car par son comportement irresponsable il a détruit la vie de sa soeur... Et tellement de peine aurait pu être évitée. C'est difficile de ne pas ressentir de l'empathie et de la compassion pour le personnage de Xiao Xing. J'ai apprécié que ce personnage ne se laisse pas démoraliser, elle était aveugle mais elle a continué à vivre et à avancer ; c'était vraiment une battante, elle a appris le braille et s'est adaptée à sa vie dans le noir. J'ai également été touchée par sa relation avec son chien guide Cong Cong. Toute personne ayant un chien sait qu'on s'attache très vite à ces petites bêtes et le fait que cela soit un chien pour aveugle renforce ce lien selon moi (le chien était trop mignon quand il venait la réveiller, je vais apprendre au mien à ouvrir les rideaux, mais pas à enlever ma couette pour me réveiller). 

       Quant à la suite de l'histoire, je l'ai trouvée assez inattendue. J'ai vraiment bien accroché à l'enquête, je la trouvais bien ficelée et c'était intéressant de voir comment une personne aveugle pouvait percevoir les choses en tant que témoin et s'attarder sur des détails que le témoin "voyant" n'avait pas remarqués. Le suspense est haletant, on se demande quel rebondissement va arriver ensuite et selon moi, l'enquête était prenante et palpitante (j'étais tellement nerveuse que je me suis rongé tous les ongles). Evidemment, dès que j'ai remarqué que c'était un thriller, j'ai su ce qui allait arriver au chien... Et ça, c'est ma plus grosse déception du film, j'étais tellement horrifiée lors de cette scène... j'ai hurlé et pleuré (au point que mon frère et mon chien sont venus voir si j'étais encore vivante). Quand les gens meurent dans des films ou séries, en général cela me laisse de glace, mais les chiens... c'est tellement inhumain... Et tout ça parce qu'il vouait défendre sa maitresse ! Mon chien aurait probablement fui dans l'autre sens -_- Ca montre encore une fois le lien qui existe entre l'animal et son maitre et c'était vraiment touchant. La suite de l'intrigue est également intéressante grâce aux multiples parallèles qui sont établis entre le frère de Xiao Xiang et Lin Chong, ce qui crée une relation particulière entre les personnages et permet à Xiao Xiang d'avancer et prendre un nouveau départ dans la vie. J'ai aimé que la relation entre les deux personnages ne soit pas une relation amoureuse, mais une relation fraternelle, j'ai trouvé que cela renforçait l'intrigue et la possibilité pour Xiao Xiang de faire son deuil. 

    [movie] The Witness ∞ chinese thriller (Review)[movie] The Witness ∞ chinese thriller (Review)

       Je ne connaissais pas vraiment Luhan, je savais juste qu'il avait été dans le groupe EXO et je n'avais jamais vu ses films, mais j'ai trouvé que son jeu n'était pas mauvais (et on ne lui donnerait JAMAIS 26 ans, on dirait un ado). Le jeu de l'actrice principale m'a vraiment marquée et j'ai hâte de la revoir dans d'autres films. J'ai aussi bien aimé le personnage du flic, il m'a rappelé par certains côtés les flics que Ma Dong-Seok joue généralement : un peu bourru, mais avec un bon fond et une dose d'humour. L'humour est en effet bien présent dans ce film, ce qui permet de relâcher parfois la tension, j'ai souri à plusieurs reprises, notamment grâce à cette réplique du flic lorsqu'il mange et que le chien le regarde avec des yeux de merlan frit "Je t'ai oublié. Tu ne peux pas, c'est de la viande de chien !", et la réaction du chien juste après... on aurait cru qu'il l'avait compris !

       Enfin, j'ai beaucoup aimé l'OST également. Les chansons sont bien arrangées, elles arrivent au bon moment, et surtout j'ai adoré qu'ils reprennent la chanson "chong er fei". Cette chanson a une signification un peu particulière pour moi, c'est la première (et la seule) chanson que je connais en chinois et j'aime bien la chanter de temps en temps (ce qui fait beaucoup rire mes amies chinoises), je dois avouer que la version de Luhan et celle du groupe dans le film sont bien meilleures que la mienne. En tout cas, désormais pour moi, cette chanson est définitivement liée à ce film et quand je l'écouterai à l'avenir, je ne la verrai plus de la même façon !

    [movie] The Witness ∞ chinese thriller (Review)

    E N   C O N C L U S I O N

       Ce film qui est un remake du film coréen Blind (2011) que je n'ai pas vu (et que je ne verrai pas car apparemment il est très proche de la version chinoise et je ne supporterai pas une deuxième fois de voir le sort du chien) mais il m'a laissé un très bon souvenir. J'ai trouvé le jeu des acteurs convaincant et l'intrigue est vraiment prenante et intéressante. Je pensais que le film se finirait une fois le tueur attrapé chez lui, mais non, le scénariste a réussi à nous faire palpiter trente minutes de plus avec son enquête. La VOSTFR contient quelques coquilles, mais ça ne m'a pas choquée plus que ça. Je conseille ce film et je lui donne 9/10.

    S.


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  • JOYEUX ANNIVERSAIRE, DANIELLE STEEL

    [book] Joyeux anniversaire ∞ Review

    F I C H E   D U   L I V R E

    Titre : Joyeux anniversaire
    Auteur : Danielle Steel
    Nombre de pages : 368 pages
    Genre : Roman d'amour
    Éditeur : Pocket, 2014

    S Y N O P S I S

       April a de quoi être fière : à trente ans, elle est la propriétaire d'un des restaurants les plus branchés de New York. Célibataire, elle s'y consacre corps et âme. Mais est-ce bien suffisant ? Le jour de son anniversaire, elle reçoit un cadeau qui risque de bouleverser sa vie. Le destin lui envoie peut-être la réponse qu'elle attendait... Valerie, la mère d'April, est une star du petit écran. Les téléspecateurs s'arrachent les conseils de cette reine de l'art de vivre. Pourtant, Valerie déprime : alors qu'elle prenait soin de cacher son âge, une radio nationale a annoncé qu'elle fêtait ses soixante ans. C'est aussi l'anniversaire de Jack Adams, un célèbre présentateur sportif, amateur de jeunes femmes. Mais quand il se retrouve atteint d'une hernie discale le jour de ses cinquante ans, il comprend qu'il ne pourra pas maintenir éternellement son rythme de vie. Un bébé, une attaque terroriste, des rencontres amoureuses : Jack, Valerie et Apris ne sont pas près d'oublier cet anniversaire...

    (c) AMAZON

    M Y   I M P R E S S I O N (attention spoilers)

       Je crois qu'il s'agit du premier roman de Danielle Steel que je lis et pourtant ma maman en est fan et a des dizaines de romans de cette auteure, mais j'ai toujours trouvé que ses romans s'adressaient à un public plus âgé que moi. En effet, les personnages de ses romans ont souvent la trentaine et pour une ado de 16 ans, ce n'est pas toujours facile de s'identifier au personnage principal, de comprendre ses motivations et d'adhérer à l'histoire. Comme j'ai désormais 26 ans, je suis un peu plus proche de l'âge de ses personnages et je pense réussir à mieux me plonger dans le roman même si j'ai encore eu un peu de mal. En effet, ma vie est à des années lumières de celle d'April qui a pourtant que quatre ans de plus que moi. Pour moi, qui n'ai rien fait de ma vie jusqu'à présent, elle est un peu le genre de femme que j'aimerais devenir : elle est passionnée par son travail, s'entend à merveille avec ses parents et a une affaire florissante. Et pourtant, elle semble bien seule (ce qui n'est pas pour me rassurer).

    C’est ça, le vrai secret de la jeunesse, d’une vie heureuse : savoir s’émerveiller, apprendre à vivre, s’intéresser à des choses qu’on ne connaît pas et rencontrer des gens. Si l’on tombe sur la personne idéale, tant mieux. Sinon, on aura quand même passé du bon temps.

       J'ai également eu du mal avec le fait qu'il y ait deux personnages principaux dans ce roman : en effet, Danielle Steel suit l'histoire d'une mère qui fête ses 60 ans et de sa fille qui fête ses 30 ans le même jour. Les deux femmes sont des acharnées de travail et leur vie sentimentale est bien vide, mais plus pour longtemps... Si intégrer deux personnages principaux sort un peu de l'ordinaire et permet de tenir en haleine le lecteur sur l'ensemble du roman, il crée une difficulté qui m'a semblé presque insurmontable : comment la lectrice de 30 ans peut s'intéresser à l'histoire d'un personnage de 60 ans ? Le fossé générationnel me semblait trop important. De plus, j'ai trouvé les personnages un peu trop superficiels et Danielle Steel est assez répétitive dans leur description : April est très jolie et ce, naturellement (très loin de la femme lambda), elle a une belle carrière (elle ne pense d'ailleurs qu'à sa carrière), une famille aimante ; Valérie, sa mère, est très jolie (même si la chirurgie l'y a un peu aidée), riche, elle est aussi acharnée de travail... et puis... plus rien. L'auteure essaye de donner de la profondeur au personnage de Valérie lorsqu'elle se confie sur son passé et regrette un peu d'avoir délaissé sa vie personnelle au profit de sa vie professionnelle, mais on a du mal à s'attacher à ce personnage qui est bien trop superficiel à mon gout... J'ai vraiment trouvé qu'on se retrouvait dans l'un de ces soaps américains ou téléréalité où les personnages sont parfaits, il ne leur manque que l'amour et on va le leur apporter sur un plateau d'argent.

    Fêter ses trente ans lui faisait l’effet d’une douche froide. Cet âge sonnait tellement adulte… ou, pire, juste vieux. Elle se demanda soudain si elle se marierait un jour, si elle aurait des enfants, et ce qu’elle ressentirait dans le cas contraire.

       Les péripéties qui arrivent aux personnages sont intéressantes, surtout la prise d'otage, mais j'ai trouvé que l'événement n'était pas assez détaillé et était trop vite oublié. J'ai aussi apprécié qu'on parle d'amour à un "âge avancé", comme quoi on peut toujours tomber amoureuse, même à 60 ans. Mais à part ça... j'ai trouvé l'histoire assez plate. Certes, le roman se lit très aisément, Danielle Steel a vraiment une écriture fluide, mais j'ai regretté que ce roman ne me fasse pas plus vibrer... Quand je lisais, je n'arrêtais pas de me dire "mais comment sa vie peut-être si parfaite ?" et "comment peuvent-ils être si bêtes ?". En effet, les soeurs d'April sont également très jolies, intelligentes, sont en couple (pourquoi que des gravures de mode et des personnages aussi lisses ?! Les lectrices ont besoin de se reconnaitre dans les personnages, d'avoir l'impression que leur propre vie peut être bouleversée, à la poubelle tous ces personnages stéréotypés !), elle s'entend à merveille avec ses parents malgré leur divorce (et eux entre eux), et c'est également le cas pour l'amoureux de Valérie : il s'entend bien avec son ex-femme et son fils... où sont les relations explosives qui existent dans toutes les familles ? De plus, j'ai trouvé qu'April avait une vie un peu trop débridée sexuellement... elle boit, s'envoie en l'air avec le premier venu et tombe enceinte... c'est totalement irresponsable de sa part : les romans ne sont pas censés participer à l'éducation des plus jeunes filles et leur parler de protection avant de passer à l'acte ? Quand je lisais ça, je n'arrivais pas à me focaliser sur la relation qui se créait entre April et son coup d'un soir, mon esprit ne pensait qu'à une chose : elle aurait pu attraper le sida (c'est mon côté quelque peu parano qui ressort, je l'avoue). J'ai aussi regretté qu'il n'y avait pas beaucoup de suspense, dès les premiers pages, on sait où l'histoire va mener et c'était un peu une romance comme on l'imagine dans le monde des bisounours... (même si l'amoureux d'April avait quelques problèmes). L'histoire m'a donc un peu déçue car je m'attendais à mieux de cette auteure aux 85 best-sellers, ça manquait de rebondissements, d'aléas... et j'ai regretté que les personnages soient si obsédés par la beauté et la peur de vieillir. 

    E N   C O N C L U S I O N

    ★★★☆☆   

       J'ai trouvé que ce roman se lisait facilement même si l'histoire ne nous réserve guère de surprises, il s'agit de deux histoires d'amour assez banales. Les personnages ne sont pas très attachants car ils sont beaucoup trop superficiels, Danielle Steel a malgré tout tenté d'y inclure quelques péripéties inspirées de la société dans laquelle on vit actuellement (terrorisme), mais tout est trop beau et trop parfait dans leur vie pour qu'une lectrice parvienne à s'identifier aux personnages. L'ensemble est tellement irréel, que même les valeurs familiales et l'entente de cette famille sonnent faux dans ce décor idyllique. 6/10. 

    S.


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  • UNE FEMME AIMEE, ANDREÏ MAKINE

    [book] Une femme aimée ∞ Review

    F I C H E   D U   L I V R E

    Titre : Une femme aimée
    Auteur : Andreï Makine
    Nombre de pages : 362 pages
    Genre : Roman historique
    Éditeur : Seuil, 2013

    S Y N O P S I S

       Défendre cette femme... Effacer les clichés qui la défigurent. Briser le masque que le mépris a scellé sur son visage. Aimer cette femme dont tant d'hommes n'ont su que convoiter le corps et envier le pouvoir. C'est cette passion qui anime le cinéaste russe Oleg Erdmann, désireux de sonder le mystère de la Grande Catherine. Qui était-elle ? Une cruelle Messaline russo-allemande aux penchants nymphomanes ? Une tsarine clamant son "âme républicaine" ? La séductrice des philosophes, familière de Voltaire et Diderot, Cagliostro et Casanova ? Derrière ce portrait, Erdmann découvre le drame intime de Catherine - depuis son premier amour brisé par les intérêts dynastiques jusqu'au voyage secret qui devait la mener au-delà de la comédie atroce de l'Histoire. L'art de ce grand roman transcende la biographie. L'effervescence du XVIIIe siècle européen se trouve confrontée à la violente vitalité de la Russie moderne. La quête d'Erdmann révèle ainsi la véritable liberté d'être et d'aimer.

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    M Y   I M P R E S S I O N (attention spoilers)

       Je vais être très directe : je n'ai pas aimé et j'ai été très déçue. Certains sites référençaient cet ouvrage comme une biographie romancée de Catherine II de Russie et je m'attendais à en apprendre beaucoup plus sur sa vie à travers cet ouvrage, ce qui n'a pas été le cas. En fait, ce roman m'a vraiment laissée perplexe. Il partait pourtant d'une bonne idée : un cinéaste qui vit en URSS et est obsédé par la Grande Catherine veut nous faire découvrir un autre visage de cette impératrice dont l'histoire n'a retenu que son appétit sexuel et ses nombreux amants. Je m'attendais donc à ce que l'auteur peigne deux tableaux de la Russie : la Russie à l'époque de Catherine (18e siècle) et la Russie de l'URSS (à la fin du 20e siècle), et mette ainsi en avant les contrastes entre les deux sociétés. Mais rien de tel n'apparait dans ce roman. 

    Ce n'est pas du tout une enfant inadaptée ! C'est notre monde qui est inadapté à des êtres comme elle ! Vous l'imaginez, elle qui ne sait que faire confiance et aimer, vous l'imaginez à Saint Petersbourg ou à Berlin ?

       En fait, j'ai été très désarçonnée par l'écriture qui pour moi partait vraiment dans tous les sens et ce, dès les premières pages : il n'y avait aucune cohérence, il ne suivait pas la chronologie, c'était vraiment déroutant. J'ai eu beaucoup de mal à distinguer ce qui faisait référence à la vie de Catherine dans un premier temps : le début du roman fait vraiment penser à la description d'une pièce de théâtre, les phrases sont courtes, abruptes, sans émotion. Cela a pour effet d'enlever tout réalisme aux événements liés à Catherine : était-ce vraiment arrivé ? Difficile à croire, ça paraissait trop orchestré. J'ai vraiment trouvé cette écriture froide et elle ne donne pas envie d'aller plus loin dans notre lecture. Mais j'ai persisté car j'avais lu des critiques très élogieuses et je pensais vraiment qu'à un moment ou un autre j'allais être emportée dans l'histoire, mais j'ai eu beau tourner les pages les unes après les autres, la magie n'a pas opéré. L'histoire est vraiment décousue et au final, je n'ai pas eu l'impression qu'il permettait d'établir la vérité sur la vie de Catherine ni de la voir autrement...alors que c'était l'objectif qu'il s'était fixé. Certes, il aborde le fait qu'elle n'a peut-être jamais été aimée alors que c'était tout ce qu'elle désirait, mais j'ai eu l'impression que cette information était engloutie dans toutes les informations sans queue ni tête que l'auteur déversait sans nous sans aucune indication (et si on ne connait pas bien la biographie de Catherine et son arbre généalogique, c'est parfois vraiment difficile de suivre) dont certaines étaient répétées maintes fois : il y avait énormément de redondance dans ce récit (notamment l'événement du cheval).

       Il y a quand même certains aspects que j'ai aimés mais j'ai regretté qu'ils n'aient pas été plus exploités et qu'ils sont vraiment trop dispersés dans le roman. Tout d'abord, le roman permet d'expliquer un peu la présence de nombreux Allemands en Russie (ils sont venus avec Catherine lorsque celle-ci s'est mariée - oui Catherine était prussienne) et d'aborder leur vie sous le régime communiste (un peu comme dans le roman "Où vont les hirondelles en hiver" de Pierre Rival), c'est donc lorsque Erdmann racontait la vie de son père et de son grand-père que j'ai été le plus captivée. Ces passages m'ont touchée car ils montraient que les hommes d'origine allemande en URSS se sentaient russes même s'ils avaient un patronyme à consonance allemande, qu'ils n'avaient pas envie de retourner en Allemagne même s'ils ont été persécutés par les Russes pendant la Seconde Guerre mondiale. De plus, le roman permet de mettre en avant les rouages de la société soviétique : comment les artistes sont soumis à la censure, leur obligation de plaire au parti, les emplois alimentaires, la faim, la pauvreté... En s'étendant jusqu'à la chute de l'URSS, le roman permet également de souligner la vitesse des changements qui ont eu lieu en Russie avec la fin du communisme, comment certains ont réussi à faire fortune en très peu de temps (ce qui explique les nombreux millionnaires en Russie), le choc culturel, la perte de repères qui en résulte, l'importance de l'audimat, etc. Mais une fois de plus, tous ces éléments qui auraient pu m'intéresser sont traités de manière secondaire, sans aucun approfondissement et perdus au milieu de la narration.

    Oleg pensa à la censure, aux écoutes téléphoniques, à tous ces interdits que dénonçaient les mais de Lessia. Il comprenait, désormais, que l'impossibilité de s'exprimer ne tenait pas seulement à cela. Bien plus difficile à dire était une nuit de brume, une allée d'arbres nus en attente de l'hiver, le silence d'une femme qui se sentait tout autre que l'illustre tsarine dont elle portait le nom.

       Pour moi, ce roman se lit très difficilement et il vaut mieux avoir de bonnes connaissances sur la vie de Catherine II et la société soviétique pour tenter de s'y retrouver un minimum, sinon vous serez perdu dans les nombreuses répétitions et vous aurez juste l'impression de tourner en rond. Je pense qu'il aurait été préférable que Makine se contente de décrire la période contemporaine russe autour de la figure de l'artiste, de sa vie, de sa place dans la société communiste car avec les aller-retours entre les deux époques, on se perd ! Aucun personnage ne m'a vraiment semblé attachant (sauf peut-être le père d'Erdmann), je les ai trouvés assez superficiels et c'était difficile parfois d'arriver à les comprendre réellement. Quant à la fin, elle est à l'image du roman : un peu plate, poétique diront certains (mais la tendresse/poésie de l'auteur ne m'a jamais touchée) et floue.

    E N   C O N C L U S I O N

    ★★☆☆☆   

       Ce roman aurait pu me plaire s'il avait abordé la vie de Catherine II de Russie de manière plus chronologique mais le fait que ça parte dans tous les sens, que certaines informations sont sans cesse répétées, on a l'impression que ça tourne en rond et de ne rien apprendre. Le même constat s'applique à la vie en URSS à la fin du 20e siècle : Makine aurait pu aborder la vie des Russes sous le régime communiste (en particulier celle d'un artiste), mais Erdmann est un personnage tellement fade, effacé et obsédé par Catherine que le lecteur n'arrive pas à suivre son raisonnement et qu'il ne peut que grappiller des informations ici et là pour construire la toile de fond qui sert de contexte à ce roman. J'ai vraiment été déçue et je n'ai pas du tout aimé, je pense que je vais me contenter de lire une biographie de Catherine II et un livre d'histoire sur la Russie pour apaiser cette impression de ne pas en avoir appris assez. 4/10. 

    S.


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