• JOYEUX ANNIVERSAIRE, DANIELLE STEEL

    [book] Joyeux anniversaire ∞ Review

    F I C H E   D U   L I V R E

    Titre : Joyeux anniversaire
    Auteur : Danielle Steel
    Nombre de pages : 368 pages
    Genre : Roman d'amour
    Éditeur : Pocket, 2014

    S Y N O P S I S

       April a de quoi être fière : à trente ans, elle est la propriétaire d'un des restaurants les plus branchés de New York. Célibataire, elle s'y consacre corps et âme. Mais est-ce bien suffisant ? Le jour de son anniversaire, elle reçoit un cadeau qui risque de bouleverser sa vie. Le destin lui envoie peut-être la réponse qu'elle attendait... Valerie, la mère d'April, est une star du petit écran. Les téléspecateurs s'arrachent les conseils de cette reine de l'art de vivre. Pourtant, Valerie déprime : alors qu'elle prenait soin de cacher son âge, une radio nationale a annoncé qu'elle fêtait ses soixante ans. C'est aussi l'anniversaire de Jack Adams, un célèbre présentateur sportif, amateur de jeunes femmes. Mais quand il se retrouve atteint d'une hernie discale le jour de ses cinquante ans, il comprend qu'il ne pourra pas maintenir éternellement son rythme de vie. Un bébé, une attaque terroriste, des rencontres amoureuses : Jack, Valerie et Apris ne sont pas près d'oublier cet anniversaire...

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    M Y   I M P R E S S I O N (attention spoilers)

       Je crois qu'il s'agit du premier roman de Danielle Steel que je lis et pourtant ma maman en est fan et a des dizaines de romans de cette auteure, mais j'ai toujours trouvé que ses romans s'adressaient à un public plus âgé que moi. En effet, les personnages de ses romans ont souvent la trentaine et pour une ado de 16 ans, ce n'est pas toujours facile de s'identifier au personnage principal, de comprendre ses motivations et d'adhérer à l'histoire. Comme j'ai désormais 26 ans, je suis un peu plus proche de l'âge de ses personnages et je pense réussir à mieux me plonger dans le roman même si j'ai encore eu un peu de mal. En effet, ma vie est à des années lumières de celle d'April qui a pourtant que quatre ans de plus que moi. Pour moi, qui n'ai rien fait de ma vie jusqu'à présent, elle est un peu le genre de femme que j'aimerais devenir : elle est passionnée par son travail, s'entend à merveille avec ses parents et a une affaire florissante. Et pourtant, elle semble bien seule (ce qui n'est pas pour me rassurer).

    C’est ça, le vrai secret de la jeunesse, d’une vie heureuse : savoir s’émerveiller, apprendre à vivre, s’intéresser à des choses qu’on ne connaît pas et rencontrer des gens. Si l’on tombe sur la personne idéale, tant mieux. Sinon, on aura quand même passé du bon temps.

       J'ai également eu du mal avec le fait qu'il y ait deux personnages principaux dans ce roman : en effet, Danielle Steel suit l'histoire d'une mère qui fête ses 60 ans et de sa fille qui fête ses 30 ans le même jour. Les deux femmes sont des acharnées de travail et leur vie sentimentale est bien vide, mais plus pour longtemps... Si intégrer deux personnages principaux sort un peu de l'ordinaire et permet de tenir en haleine le lecteur sur l'ensemble du roman, il crée une difficulté qui m'a semblé presque insurmontable : comment la lectrice de 30 ans peut s'intéresser à l'histoire d'un personnage de 60 ans ? Le fossé générationnel me semblait trop important. De plus, j'ai trouvé les personnages un peu trop superficiels et Danielle Steel est assez répétitive dans leur description : April est très jolie et ce, naturellement (très loin de la femme lambda), elle a une belle carrière (elle ne pense d'ailleurs qu'à sa carrière), une famille aimante ; Valérie, sa mère, est très jolie (même si la chirurgie l'y a un peu aidée), riche, elle est aussi acharnée de travail... et puis... plus rien. L'auteure essaye de donner de la profondeur au personnage de Valérie lorsqu'elle se confie sur son passé et regrette un peu d'avoir délaissé sa vie personnelle au profit de sa vie professionnelle, mais on a du mal à s'attacher à ce personnage qui est bien trop superficiel à mon gout... J'ai vraiment trouvé qu'on se retrouvait dans l'un de ces soaps américains ou téléréalité où les personnages sont parfaits, il ne leur manque que l'amour et on va le leur apporter sur un plateau d'argent.

    Fêter ses trente ans lui faisait l’effet d’une douche froide. Cet âge sonnait tellement adulte… ou, pire, juste vieux. Elle se demanda soudain si elle se marierait un jour, si elle aurait des enfants, et ce qu’elle ressentirait dans le cas contraire.

       Les péripéties qui arrivent aux personnages sont intéressantes, surtout la prise d'otage, mais j'ai trouvé que l'événement n'était pas assez détaillé et était trop vite oublié. J'ai aussi apprécié qu'on parle d'amour à un "âge avancé", comme quoi on peut toujours tomber amoureuse, même à 60 ans. Mais à part ça... j'ai trouvé l'histoire assez plate. Certes, le roman se lit très aisément, Danielle Steel a vraiment une écriture fluide, mais j'ai regretté que ce roman ne me fasse pas plus vibrer... Quand je lisais, je n'arrêtais pas de me dire "mais comment sa vie peut-être si parfaite ?" et "comment peuvent-ils être si bêtes ?". En effet, les soeurs d'April sont également très jolies, intelligentes, sont en couple (pourquoi que des gravures de mode et des personnages aussi lisses ?! Les lectrices ont besoin de se reconnaitre dans les personnages, d'avoir l'impression que leur propre vie peut être bouleversée, à la poubelle tous ces personnages stéréotypés !), elle s'entend à merveille avec ses parents malgré leur divorce (et eux entre eux), et c'est également le cas pour l'amoureux de Valérie : il s'entend bien avec son ex-femme et son fils... où sont les relations explosives qui existent dans toutes les familles ? De plus, j'ai trouvé qu'April avait une vie un peu trop débridée sexuellement... elle boit, s'envoie en l'air avec le premier venu et tombe enceinte... c'est totalement irresponsable de sa part : les romans ne sont pas censés participer à l'éducation des plus jeunes filles et leur parler de protection avant de passer à l'acte ? Quand je lisais ça, je n'arrivais pas à me focaliser sur la relation qui se créait entre April et son coup d'un soir, mon esprit ne pensait qu'à une chose : elle aurait pu attraper le sida (c'est mon côté quelque peu parano qui ressort, je l'avoue). J'ai aussi regretté qu'il n'y avait pas beaucoup de suspense, dès les premiers pages, on sait où l'histoire va mener et c'était un peu une romance comme on l'imagine dans le monde des bisounours... (même si l'amoureux d'April avait quelques problèmes). L'histoire m'a donc un peu déçue car je m'attendais à mieux de cette auteure aux 85 best-sellers, ça manquait de rebondissements, d'aléas... et j'ai regretté que les personnages soient si obsédés par la beauté et la peur de vieillir. 

    E N   C O N C L U S I O N

    ★★★☆☆   

       J'ai trouvé que ce roman se lisait facilement même si l'histoire ne nous réserve guère de surprises, il s'agit de deux histoires d'amour assez banales. Les personnages ne sont pas très attachants car ils sont beaucoup trop superficiels, Danielle Steel a malgré tout tenté d'y inclure quelques péripéties inspirées de la société dans laquelle on vit actuellement (terrorisme), mais tout est trop beau et trop parfait dans leur vie pour qu'une lectrice parvienne à s'identifier aux personnages. L'ensemble est tellement irréel, que même les valeurs familiales et l'entente de cette famille sonnent faux dans ce décor idyllique. 6/10. 

    S.


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  • UNE FEMME AIMEE, ANDREÏ MAKINE

    [book] Une femme aimée ∞ Review

    F I C H E   D U   L I V R E

    Titre : Une femme aimée
    Auteur : Andreï Makine
    Nombre de pages : 362 pages
    Genre : Roman historique
    Éditeur : Seuil, 2013

    S Y N O P S I S

       Défendre cette femme... Effacer les clichés qui la défigurent. Briser le masque que le mépris a scellé sur son visage. Aimer cette femme dont tant d'hommes n'ont su que convoiter le corps et envier le pouvoir. C'est cette passion qui anime le cinéaste russe Oleg Erdmann, désireux de sonder le mystère de la Grande Catherine. Qui était-elle ? Une cruelle Messaline russo-allemande aux penchants nymphomanes ? Une tsarine clamant son "âme républicaine" ? La séductrice des philosophes, familière de Voltaire et Diderot, Cagliostro et Casanova ? Derrière ce portrait, Erdmann découvre le drame intime de Catherine - depuis son premier amour brisé par les intérêts dynastiques jusqu'au voyage secret qui devait la mener au-delà de la comédie atroce de l'Histoire. L'art de ce grand roman transcende la biographie. L'effervescence du XVIIIe siècle européen se trouve confrontée à la violente vitalité de la Russie moderne. La quête d'Erdmann révèle ainsi la véritable liberté d'être et d'aimer.

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    M Y   I M P R E S S I O N (attention spoilers)

       Je vais être très directe : je n'ai pas aimé et j'ai été très déçue. Certains sites référençaient cet ouvrage comme une biographie romancée de Catherine II de Russie et je m'attendais à en apprendre beaucoup plus sur sa vie à travers cet ouvrage, ce qui n'a pas été le cas. En fait, ce roman m'a vraiment laissée perplexe. Il partait pourtant d'une bonne idée : un cinéaste qui vit en URSS et est obsédé par la Grande Catherine veut nous faire découvrir un autre visage de cette impératrice dont l'histoire n'a retenu que son appétit sexuel et ses nombreux amants. Je m'attendais donc à ce que l'auteur peigne deux tableaux de la Russie : la Russie à l'époque de Catherine (18e siècle) et la Russie de l'URSS (à la fin du 20e siècle), et mette ainsi en avant les contrastes entre les deux sociétés. Mais rien de tel n'apparait dans ce roman. 

    Ce n'est pas du tout une enfant inadaptée ! C'est notre monde qui est inadapté à des êtres comme elle ! Vous l'imaginez, elle qui ne sait que faire confiance et aimer, vous l'imaginez à Saint Petersbourg ou à Berlin ?

       En fait, j'ai été très désarçonnée par l'écriture qui pour moi partait vraiment dans tous les sens et ce, dès les premières pages : il n'y avait aucune cohérence, il ne suivait pas la chronologie, c'était vraiment déroutant. J'ai eu beaucoup de mal à distinguer ce qui faisait référence à la vie de Catherine dans un premier temps : le début du roman fait vraiment penser à la description d'une pièce de théâtre, les phrases sont courtes, abruptes, sans émotion. Cela a pour effet d'enlever tout réalisme aux événements liés à Catherine : était-ce vraiment arrivé ? Difficile à croire, ça paraissait trop orchestré. J'ai vraiment trouvé cette écriture froide et elle ne donne pas envie d'aller plus loin dans notre lecture. Mais j'ai persisté car j'avais lu des critiques très élogieuses et je pensais vraiment qu'à un moment ou un autre j'allais être emportée dans l'histoire, mais j'ai eu beau tourner les pages les unes après les autres, la magie n'a pas opéré. L'histoire est vraiment décousue et au final, je n'ai pas eu l'impression qu'il permettait d'établir la vérité sur la vie de Catherine ni de la voir autrement...alors que c'était l'objectif qu'il s'était fixé. Certes, il aborde le fait qu'elle n'a peut-être jamais été aimée alors que c'était tout ce qu'elle désirait, mais j'ai eu l'impression que cette information était engloutie dans toutes les informations sans queue ni tête que l'auteur déversait sans nous sans aucune indication (et si on ne connait pas bien la biographie de Catherine et son arbre généalogique, c'est parfois vraiment difficile de suivre) dont certaines étaient répétées maintes fois : il y avait énormément de redondance dans ce récit (notamment l'événement du cheval).

       Il y a quand même certains aspects que j'ai aimés mais j'ai regretté qu'ils n'aient pas été plus exploités et qu'ils sont vraiment trop dispersés dans le roman. Tout d'abord, le roman permet d'expliquer un peu la présence de nombreux Allemands en Russie (ils sont venus avec Catherine lorsque celle-ci s'est mariée - oui Catherine était prussienne) et d'aborder leur vie sous le régime communiste (un peu comme dans le roman "Où vont les hirondelles en hiver" de Pierre Rival), c'est donc lorsque Erdmann racontait la vie de son père et de son grand-père que j'ai été le plus captivée. Ces passages m'ont touchée car ils montraient que les hommes d'origine allemande en URSS se sentaient russes même s'ils avaient un patronyme à consonance allemande, qu'ils n'avaient pas envie de retourner en Allemagne même s'ils ont été persécutés par les Russes pendant la Seconde Guerre mondiale. De plus, le roman permet de mettre en avant les rouages de la société soviétique : comment les artistes sont soumis à la censure, leur obligation de plaire au parti, les emplois alimentaires, la faim, la pauvreté... En s'étendant jusqu'à la chute de l'URSS, le roman permet également de souligner la vitesse des changements qui ont eu lieu en Russie avec la fin du communisme, comment certains ont réussi à faire fortune en très peu de temps (ce qui explique les nombreux millionnaires en Russie), le choc culturel, la perte de repères qui en résulte, l'importance de l'audimat, etc. Mais une fois de plus, tous ces éléments qui auraient pu m'intéresser sont traités de manière secondaire, sans aucun approfondissement et perdus au milieu de la narration.

    Oleg pensa à la censure, aux écoutes téléphoniques, à tous ces interdits que dénonçaient les mais de Lessia. Il comprenait, désormais, que l'impossibilité de s'exprimer ne tenait pas seulement à cela. Bien plus difficile à dire était une nuit de brume, une allée d'arbres nus en attente de l'hiver, le silence d'une femme qui se sentait tout autre que l'illustre tsarine dont elle portait le nom.

       Pour moi, ce roman se lit très difficilement et il vaut mieux avoir de bonnes connaissances sur la vie de Catherine II et la société soviétique pour tenter de s'y retrouver un minimum, sinon vous serez perdu dans les nombreuses répétitions et vous aurez juste l'impression de tourner en rond. Je pense qu'il aurait été préférable que Makine se contente de décrire la période contemporaine russe autour de la figure de l'artiste, de sa vie, de sa place dans la société communiste car avec les aller-retours entre les deux époques, on se perd ! Aucun personnage ne m'a vraiment semblé attachant (sauf peut-être le père d'Erdmann), je les ai trouvés assez superficiels et c'était difficile parfois d'arriver à les comprendre réellement. Quant à la fin, elle est à l'image du roman : un peu plate, poétique diront certains (mais la tendresse/poésie de l'auteur ne m'a jamais touchée) et floue.

    E N   C O N C L U S I O N

    ★★☆☆☆   

       Ce roman aurait pu me plaire s'il avait abordé la vie de Catherine II de Russie de manière plus chronologique mais le fait que ça parte dans tous les sens, que certaines informations sont sans cesse répétées, on a l'impression que ça tourne en rond et de ne rien apprendre. Le même constat s'applique à la vie en URSS à la fin du 20e siècle : Makine aurait pu aborder la vie des Russes sous le régime communiste (en particulier celle d'un artiste), mais Erdmann est un personnage tellement fade, effacé et obsédé par Catherine que le lecteur n'arrive pas à suivre son raisonnement et qu'il ne peut que grappiller des informations ici et là pour construire la toile de fond qui sert de contexte à ce roman. J'ai vraiment été déçue et je n'ai pas du tout aimé, je pense que je vais me contenter de lire une biographie de Catherine II et un livre d'histoire sur la Russie pour apaiser cette impression de ne pas en avoir appris assez. 4/10. 

    S.


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  • MES SOEURS ET MOI, JUDITH LENNOX

    [book] Mes soeurs et moi ∞ Review

    F I C H E   D U   L I V R E

    Titre : Mes soeurs et moi
    Auteur : Judith Lennox
    Nombre de pages : 624 pages
    Genre : Roman historique
    Éditeur : Archipode, 2014

    S Y N O P S I S

       À la veille de la Première Guerre mondiale, à Sheffield, les quatre sœurs Maclise songent à leur avenir. La belle et orgueilleuse Iris attend une demande en mariage qui tarde à venir ; la passionnée et timide Marianne s’éprend d’un jeune homme d’affaires ; la vive Eva souhaite partir à Londres pour devenir artiste, tandis que Clémence, la benjamine, doit rester à la maison pour prendre soin de leur mère.
       La guerre et ses tragédies vont séparer les quatre sœurs. Confrontées à des choix difficiles, elles doivent faire face à de nouvelles responsabilités, qui leur offrent petit à petit une indépendance dont elles n’imaginaient pas la saveur. Mais leurs destins ne ressemblent en rien à ce qu’elles avaient imaginé. Se découvrant des ressources insoupçonnées, chacune lutte avec courage.
       Mais le silence de Marianne, qui a suivi son époux en Inde, devient inquiétant. Jusqu’à ce qu’une lettre leur parvienne, qui contient une pierre précieuse pour chaque sœur… Seront-elles un jour à nouveau rassemblées ?

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    M Y   I M P R E S S I O N (attention spoilers)

       Globalement, il s'agit d'un livre que j'ai apprécié car on y retrouve tous les éléments que j'aime : l'histoire d'une famille, un contexte historique, des éléments romantiques, des voyages. En effet, en situant son roman au début du 20e siècle (de 1910 à 1917), Judith Lennox parvient à nous faire découvrir une société en pleines mutations : lutte pour les droits de la femme, pauvreté de la classe ouvrière, émancipation de la femme, lutte pour les droits des ouvriers (syndicats), transformation industrielle. Sans oublier l'élément le plus marquant de ce début de siècle : la Première Guerre Mondiale (le roman se termine en 1917). Tous ces éléments apparaissent dans le roman grâce à la trajectoire des enfants de la famille Maclise. Si l'histoire est surtout centrée sur les quatre soeurs, les trois frères parviennent néanmoins à se trouver une petite place dans l'histoire (celui qui ne se plait pas à l'école, le coureur de jupons qui s'assagit, l'homme ambitieux, etc.). J'ai beaucoup aimé la variété des profils des enfants car il y en avait pour tous les gouts, et les descriptions des filles m'a un peu fait penser aux Quatre filles du Docteur March par certains aspects : même si elles sont toutes très différentes et qu'il existe certaines rivalités, il n'en demeure pas moins qu'elles sont toutes très proches et les quatre filles avaient une relation particulière avec leur père.

    Certaines femmes ayant reçu le télégramme ou la lettre les informant que leur mari ou leur fils était porté disparu continuaient d''espérer. Cet espoir se réduisait au fil des mois et des années sans recevoir de nouvelles, jusqu'au jour où elles devaient accepter, enfin, que leur être cher était mort, son corps disparu et son lieu de repos éternel à jamais inconnu.

       J'ai également apprécié la manière dont le roman est construit. Tout d'abord, on commence par un prologue qui, chronologiquement, arrive bien après les faits qui sont relatés dans le roman. Le personnage central de ce prologue est Marianne, l'une des soeurs Maclise. À travers une photo, elle aborde ses souvenirs, ses soeurs et se demande si elle les reverra un jour... Tout de suite, l'intérêt du lecteur est attiré : qui sont les personnages qui sont cités dans ce prologue (surtout Arthur) ? Qu'est-ce qui a mené Marianne là où elle en est aujourd'hui ? Le fait que la photo serve de point de départ à la narration de la vie des Maclise confère également un aspect singulier au roman : on a presque l'impression que l'auteure va relater une histoire vraie. Ce prologue m'a un peu fait penser au début de la narration dans le film Titanic où Rose est une vieille dame. S'ensuit l'histoire de la famille qui va s'étaler sur près de 600 pages et qui nous fournit enfin toutes les explications. Il faudra néanmoins attendre la fin du roman pour apprendre ce qui est vraiment arrivé à Marianne et qui l'a séparée de ses soeurs, et ainsi comprendre pourquoi elle est si nostalgique en voyant cette photo et le lien qui les unit réellement. Enfin, le roman se termine par la lettre de Marianne que ses soeurs reçoivent finalement qui commence par "à l'attention de toutes mes soeurs". Dès lors, on a l'impression que la boucle est bouclée : toutes les questions que l'on se posait après avoir lu le prologue ont obtenu une réponse.

       Néanmoins, je dois admettre que la fin aurait pu être un peu plus affinée. En effet, j'ai aimé suivre les aventures de ces quatre femmes aux parcours si différents. J'ai notamment eu une préférence pour Iris. Au départ, elle semble assez superficielle, mais au fil des années, elle grandit et devient plus mature. J'ai vraiment été ravie qu'elle connaisse un happy end car les autres soeurs ont, me semble-t-il, beaucoup souffert. La plus jeune qui est condamnée à s'occuper de leur mère malade et à renoncer à tout ce qui lui plaisait (même si son personnage évolue et prend une tournure inattendue : on a vraiment tous les types de personnages dans ce roman, comme si l'auteure avait voulu faire une compilation des différents visages féminins de l'époque). Eva revendique une certaine émancipation, elle s'en va à Londres, participe aux actions des suffragettes, a une relation avec un homme marié... J'ai du mal à croire qu'une femme à cette époque ait pu avoir des moeurs aussi libérées et ce personnage est probablement celui qui m'a laissé le plus un gout amer : son histoire sentimentale me semble inachevée, qu'advient-il réellement de Rob ? Quant à Marianne... c'est le personnage dont je me suis sentie la plus proche au départ : effacée, qui a du mal à trouver sa place dans cette grande fratrie... Et voilà qu'elle rencontre le grand amour... J'aurais vraiment souhaité qu'elle soit heureuse avec Arthur, je les trouvais vraiment attachants et la grande romantique que je suis avait envie que tout se passe bien pour elle... Et au lieu de ça... Franchement, je trouve que l'auteure y est vraiment allée fort : elle a connu malheur sur malheur et certains étaient vraiment présentés de manière très brusque, abruptement. C'était tellement inattendu que cela en était d'autant plus révoltant. Son histoire aurait également pu être plus développée (mais pour cela, l'auteure aurait dû se concentrer sur ce personnage et délaisser les autres soeurs) car il y avait énormément de potentiel : j'aurais notamment voulu en apprendre plus sur sa vie après l'Inde et surtout, je rêvais de retrouvailles, d'une grande réunion de famille. Peut-être que l'auteure prévoit une suite ?

    Pouvait-on jamais justifier la tromperie ? Pouvait-on jamais justifier la violence ? Elle ne savait plus trop. Elle s'était égarée et elle ne savait plus si elle retrouverait sa route. Tout ce qu'elle pouvait faire était d'essayer de rester fidèle à ses convictions, sans considérer ce que les autres en pensaient.

       Pour finir, j'aimerais aborder un aspect plus "pratique". J'ai trouvé le format du livre assez incommodant. Le texte est écrit petit, de manière compacte, et comme il s'agit d'un forme "de poche", le livre ressemble à une grosse brique et ce n'est pas toujours facile à lire au fond de son lit. Il aurait fallu, selon moi, un peu aérer le texte et peut-être choisir un format un peu plus grand pour que le livre soit moins épais et plus facilement malléable malgré ses 600 pages. De plus, cette édition mériterait une bonne révision orthographique car il contient de très nombreuses fautes (de frappe ?). C'est assez déstabilisant que des "mère" deviennent des "père" ou que les déterminants personnels soient conjugués à la mauvaise personne (mes/tes/ses). Au début, comme je lisais assez tard en soirée, j'ai eu beaucoup de mal à m'y retrouver, mais c'est vrai qu'après 600 pages où ces fautes sont constantes, on s'y habitue et on met en place certaines stratégies pour passer outre. Néanmoins, cela ne devrait pas exister dans des romans car cela lui donne un aspect bâclé, ce qui est fort regrettable.

    E N   C O N C L U S I O N

    ★★★★☆   

       J'ai passé un agréable moment en lisant ce roman qui, malgré sa longueur (et quelques longueurs), a été lu très rapidement. J'avais vraiment envie de découvrir le sort qui était réservé à chaque membre de la famille Maclise (qui étaient tous très attachants) même si je détestais la mère et qu'une révision orthographique me semble indispensable. Je pense que la fin aurait pu être plus travaillée et qu'il y avait encore de nombreuses choses à dire sur cette famille et les personnages qui les entouraient, mais elle m'a malgré tout satisfaite. J'ai également aimé le traitement du contexte historique : on est vraiment plongé dans un monde qui bouge, l'auteure nous donne à voir tous les aspects de cette société anglaise au début du 20e siècle, elle dépeint la misère ouvrière, l'ascension sociale de certaines familles, etc. Le traitement de la femme est également intéressant car elle n'est pas décrite que comme une mère et une femme, le roman prouve qu'elle peut également faire ses propres choix et agir sur sa vie. C'est un roman que je recommanderais volontiers (ma maman l'a d'ailleurs lu et l'a apprécié, même si pour elle la fin était un peu décevante). 7/10. 

    S.


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  • LES OMBRES DE KATYN, PHILIP KERR

    [book] Les ombres de Katyn ∞ Review

    F I C H E   D U   L I V R E

    Titre : Les ombres de Katyn
    Auteur : Philip Kerr
    Nombre de pages : 465 pages
    Genre : Roman policier et historique
    Éditeur : Du Masque, 2015

    S Y N O P S I S

       Mars 1943. Le Reich vient de perdre Stalingrad et le moral est au plus bas. Pour Joseph Goebbels, il faut absolument redonner du panache à l’armée allemande et porter un coup aux Alliés. Or sur le territoire soviétique, près de la frontière biélorusse, à Smolensk, ville occupée par les Allemands depuis 1941, la rumeur enfle. Des milliers de soldats polonais auraient été assassinés et enterrés dans des fosses communes. Dans la forêt de Katyn, aux abords de la ville, des loups auraient d’ailleurs déterré des fragments de corps. Qui est responsable de ce massacre ? L’Armée rouge sans doute. Pour Goebbels, c’est l’occasion rêvée pour discréditer les Russes et affaiblir les Alliés. Il a l’idée d’envoyer sur place une autorité neutre, le Bureau des crimes de guerre, réputé anti-nazi, pour enquêter objectivement sur cette triste affaire. Le capitaine Bernie Gunther, qui y officie est la personne idéale pour accomplir cette délicate mission. Gunther se retrouve dans la forêt de Katyn avec une équipe pour exhumer les quatre mille corps des officiers polonais et découvrir la vérité, quelle qu’elle soit.

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    M Y   I M P R E S S I O N (attention spoilers)

       Je lis très peu de roman policier (voire pas du tout), ce fut donc une grande première pour moi et si je me suis lancée dans la lecture de ce roman, c'est avant tout à cause de son contexte historique. En effet, le roman se déroule entre mars et mai 1943, une époque à laquelle l'Allemagne d'Hitler a connu quelques revers et certaines tensions se cristallisent y compris au sein de son entourage et le roman s'intéresse à un événement que l'Histoire n'a pas vraiment retenu : le massacre de milliers de sergents polonais à Smolensk en Russie. C'était notamment un événement dont je n'avais pas connaissance et j'ai été ravie d'en apprendre plus à ce sujet à travers ce roman.

       Il est évident que ce roman est très documenté et se base sur des faits historiques : c'est l'aspect qui m'a le plus intéressée dans ce roman. En effet, Philip Kerr fait intervenir dans son roman de nombreux personnages historiques aux noms tristement célèbres : Hitler, Goebbels, Himmler. Mais il remet également en avant certains personnages que l'Histoire a oubliés mais qui ont également eu un rôle à jouer dans cette guerre (Canaris, von Gersdorff...), comme le souligne la note de l'auteur en fin de roman. L'auteur se base sur de nombreux faits historiques qui donnent de la consistance au roman et suscite l'intérêt du lecteur. Au début du roman, il aborde la situation des Juifs et des Berlinois : les Juifs n'ont pas accès aux abris anti-bombes, il y a eu une manifestation des femmes allemandes pour libérer leur mari juif... Et je pensais que cela allait continuer ainsi, qu'on allait s'intéresser de plus près à leur vie, mais il n'en fut rien. Le contexte historique demeure néanmoins omniprésent et j'ai apprécié qu'il s'intéresse à des aspects souvent oubliés, notamment le rôle de la propagande. On voit vraiment qu'il y avait une grande tension entre l'Allemagne et les Alliés, mais aussi entre l'Allemagne et la Russie, et que tout était une question de manipulation du public pour se forger une certaine image. L'auteur aborde également les divers complots et attentats pour tuer Hitler et le rôle des aristocrates dans cette Allemagne nazie. Je dois avouer que j'ai appris énormément de choses, ce qui fait que j'en garde un avis quand même positif car quand je lis un roman historique, je suis souvent motivée par l'envie d'en apprendre plus, par la soif de connaissances et je trouve que c'est plus amusant de découvrir les faits à travers un roman qu'à travers un livre d'histoire, je dois admettre que de ce point de vue là, le roman est réussi.

    Je jetai un coup d'oeil à ma montre en me disant que, si j'applaudissais, c'est parce que le discours de Hitler n'avait duré que dix relativement brèves minutes, mais c'était un mensonge, et je le savais ; applaudir un discours du Führer était juste de l'instinct de conservation : la salle était truffée de membres de la Gestapo.

       Et il s'agit malheureusement de la seule qualité que j'ai trouvée au roman. Selon moi, sans le contexte historique et l'habile association de personnages historiques et de personnages fictifs, l'histoire est assez plate et tire vraiment en longueur. On suit l'enquête du capitaine Bernie Gunther (personnage fictif qui fait l'objet d'une série qui a valu de nombreux pris à l'auteur) sur ce qui s'est passé dans la forêt de Katyn, mais très vite, la fiction prend le dessus sur l'Histoire : Bernie se détourne du massacre des soldats polonais pour s'intéresser aux meurtres de soldats allemands dans la région, ce qui m'a un peu déçue. J'avais envie de connaitre les tenants et les aboutissants du massacre, l'histoire du meurtre des soldats allemands - fictif - m'intéressait beaucoup moins. D'ailleurs, sans la note de l'auteur en fin d'ouvrage, j'aurais donné une moins bonne note au roman car il m'aurait laissée sur ma faim. La fin est abrupte, on ne donne aucune information sur les résultats de l'enquête internationale sur le massacre et pire encore, vu que l'assassin meurt avant de pouvoir parler, on ignore ce qu'il voulait dire par "Cependant, cela pourrait vous intéresser de savoir que la vraie raison pour laquelle j'ai tué les deux téléphonistes n'est pas exactement celle que vous avez évoquée. Il y a une autre..." et j'ai trouvé cela extrêmement frustrant : faut-il lire les autres romans de Philip Kerr pour en apprendre plus ? Je suis probablement bien trop curieuse... J'ai également ressenti cette frustration en lisant des répliques en russe dans le roman : pourquoi l'auteur ne donne-t-il pas une traduction des phrases en russe ? Faire parler ses personnages dans une autre langue peut conférer un aspect authentique au roman, mais quand on ne parle pas russe, on ne comprend pas et on a l'impression qu'on nous empêcher d'accéder à certaines informations.

       J'ai également été déçue par le traitement des personnages féminins. Si on leur donne un rôle actif en début de roman avec la manifestation pour la libération des maris juifs, elles sont ensuite dépeintes comme des objets, le narrateur les caractérise uniquement par leur aspect physique et souvent leur beauté... J'aurais aimé que l'on dépasse cet aspect superficiel pour s'intéresser de plus près à leur personnalité, à leurs actes, et qu'on leur donne une place dans l'Histoire. Et pourquoi les personnages féminins doivent toujours être d'une beauté affolante ?!

    Ce sont toujours les femmes qui reconstruisent les civilisations que les hommes se sont appliqués à détruire.

       Le roman m'a semblé vraiment très long, selon moi, on aurait pu l'écrire avec moitié moins de pages car il y a beaucoup d'informations que j'ai jugées inutiles. Il m'a fallu un mois pour arriver au bout du roman et ce fut extrêmement pénible... À la fin de la première partie, j'ai failli lâché l'affaire, mais j'avais envie de connaitre les causes du massacre des Polonais et je ne m'attendais pas à ce que l'enquête soit axée sur le meurtre des téléphonistes. J'ai également trouvé que le roman était très violent et beaucoup de situations m'ont semblé injustes. Je pense (et j'espère) que l'auteur a agi ainsi afin de mettre en évidence l'absurdité de cette guerre et de montrer qu'il existait des hommes - dans tous les camps - qui avaient une opinion différente sur la situation. Néanmoins, j'ai trouvé qu'il aurait pu s'abstenir sur certains points : j'ai été tout particulièrement choquée par la description des larves sur les yeux de la jeune russe pour déterminer l'heure de sa mort. De plus, Bernie Gunther est un meurtrier, alors comment peut-il s'en tirer impunément ? J'ai trouvé le capitaine vraiment très antipathique. Pour moi, il se rapproche d'un anti-héros : il est détestable en tant qu'être humain mais ses propos ne sont pas dénués de justesse. Je l'ai tout particulièrement remarqué dans ses échanges avec le docteur russe (rares dialogues que j'ai trouvés intéressants dans le roman) : que cela soit le gouvernement allemand ou le gouvernement russe, ils ont tous les deux commis des actes effroyables envers leur propre population et les gens vivent dans un climat d'une violence inouïe qui justifie parfois certains comportements.

       J'aurais aimé que la partie "note de l'auteur" soit plus longue car c'est vraiment la partie qui m'a le plus intéressée dans ce roman et je pense que je vais essayer de lire les ouvrages que l'auteur suggère :

    [book] Les ombres de Katyn ∞ Review [book] Les ombres de Katyn ∞ Review [book] Les ombres de Katyn ∞ Review  

    E N   C O N C L U S I O N

    ★★☆☆☆   

       J'ai aimé le contexte historique du roman et la recherche documentaire en amont. Ce fut vraiment très intéressant d'un point de vue historique d'aborder une partie de l'Histoire qui est souvent passée sous silence. Mais sans le contexte historique, l'histoire n'a aucun intérêt. Les personnages ne sont pas attachants, on n'arrive pas à se plonger dans l'histoire et il le roman est beaucoup trop long : on a l'impression que l'on ne va jamais en finir et quand on arrive enfin au bout, on se demande juste "tout ça pour ça ?", c'est vraiment frustrant. 5/10. 

    S.


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  • LA PERLE RARE, LAURA LEE GUHRKE

    [book] La Perle rare ∞ Review

    F I C H E   D U   L I V R E

    Titre : La Perle rare
    Auteur : Laura Lee Guhrke
    Nombre de pages : 336 pages
    Genre : Roman d'amour
    Éditeur : Harlequin, 2016

    S Y N O P S I S

       Comment marier un marquis orgueilleux, libertin et sans fortune ? Dans les salons de la bonne société londonienne, un faux pas ne pardonne pas. C’est pourquoi lady Belinda aide les jeunes Américaines en quête d’époux à éviter les erreurs de débutantes, et à reconnaître la perle rare : un lord fiable, sérieux, dont le titre leur assurera un avenir glorieux. L’exact opposé de ce lord Trubridge, qui vient lui demander sans détour un riche parti pour renflouer ses caisses. C’est bien mal la connaître, car Belinda n’a aucune intention de sacrifier ses principes à un tel cynique. 

    (c) AMAZON

    M Y   I M P R E S S I O N (attention spoilers)

       J'ai longtemps eu honte de dire que je ne lisais que des romans Harlequin, les livres de cette maison d'édition étaient sans cesse dénigrés par mes chers professeurs de littérature et je rougissais chaque fois que j'allais au supermarché et que la caissière m'adressait un clin d'oeil en voyant la montagne de romans Harlequin à la couverture parfois suggestive que j'achetais. J'avais donc pris l'habitude de les lire en cachette et je les sortais rarement de chez moi. Mais quelques années plus tard, je peux en parler plus librement, notamment grâce au succès de certains romans "érotiques", ces livres passent mieux, certaines blogueuses parlent des romans Harlequin qu'elles lisent et j'ai donc voulu me lancer également à mon tour. En fait, pour être franche, c'est le premier roman Harlequin que je lis depuis... 4-5 ans, mais j'en ai quand même lu plus de 300 par le passé et ma collection préférée a toujours été "Les Historiques". J'adorais ces histoires de jeune fille noble qui tombait amoureuse d'un homme peu recommandable et je trouvais que le cadre historique apportait un petit plus à ces histoires d'amour et faisait battre mon coeur un peu plus vite. Quand je suis tombée sur ce roman, le synopsis m'a tout de suite rappelé Les Historiques d'Harlequin que j'aimais tant lire : une jeune femme froide, peu portée sur l'amour, qui rencontrait un homme séduisant mais inaccessible qui plus est dans l'Angleterre du 18e siècle. Il n'en fallait pas plus pour me séduire et me donner envie de lire ce roman, au point que je n'ai même pas remarqué qu'il n'appartenait pas à la collection Les Historiques mais à la collection "Victoria". Pour être franche, cela m'étonne qu'ils aient créé une nouvelle collection juste pour parler des romans qui se passent dans l'Angleterre victorienne car de très nombreux titres qui apparaissaient dans la collection Les Historiques avaient ce cadre pour contexte, c'est quelque peu redondant non ? Cette impression m'a suivie pendant toute ma lecture : créer une nouvelle collection était pour moi inutile (même si j'avoue que c'est ma période préférée pour les romans d'amour). 

    Les femmes adorent les mauvais garçons qui renoncent à leur vie dissolue pour se marier.

       Passons donc au roman en tant que tel. Je pense que si j'avais lu le roman quand j'avais 20 ans, je l'aurais adoré et j'aurais mis une note bien plus élevée car tous les hommes que les ferventes lectrices de Harlequin aiment s'y retrouvent : une femme au caractère bien trempé qui ne veut pas tomber amoureuse, un homme avec une réputation sulfureuse et puis comme toujours ils dépassent les antagonismes, se rendent compte qu'il faut dépasser les apparences et la jeune femme finit par succomber au charme du séducteur et c'est le grand amour. Oui, ce livre aurait été parfait sous tous les angles pour moi à une époque, mais je pense que maintenant, je suis devenue plus cynique et plus pointilleuse, j'ai donc besoin de plus qu'une simple histoire d'amour et j'ai parfois trouvé l'auteure un peu naïve lorsqu'elle décrivait les sentiments des hommes présents dans le roman (on voyait vraiment que c'était une femme qui projetait sur les personnages masculins ses propres représentations de l'Homme "parfait"). 

       Mais ce roman m'a malgré tout semblé plus intéressant que la plupart des romans publiés aux Editions Harlequin. En effet, il me semble que la "marieuse" et les "mariages arrangés" ne sont pas un sujet très fréquent dans les romans Harlequin. Ils ont tendance à nous vendre du rêve et on a l'impression qu'on tombe facilement amoureux et qu'on se marie toujours par amour. Or ici, les deux aspects sont abordés et de manière très nette. Belinda, l'héroïne, avoue qu'elle est tombée sous le charme de son mari et qu'elle s'est peut-être trop vite précipitée dans son mariage vu que lui ne l'aimait pas en retour. De plus, elle essaye toujours d'arranger des mariages entre des personnes qui peuvent tomber amoureux l'un de l'autre, mais parmi les couples qu'elle a mariés, certains ne sont pas basés sur l'amour et si elle les considère comme un échec, les personnes qui sont impliquées ont parfois un avis divergeant sur la raison, permettant d'élargir les raisons qui mènent à un mariage et de voir la société victorienne sous un autre angle, plus proche de la réalité selon moi (il serait utopique de penser qu'à l'époque toutes les femmes se mariaient par amour, ce que tend à suggérer la grande majorité des romans Harlequin). 

    Le plus difficile, lorsqu’on se piquait d’arranger des mariages, ce n’était pas l’imprévisibilité de la nature humaine, ni les vicissitudes de l’amour, ni même l’intervention des proches. Pour lady Belinda Featherstone, connue des riches familles américaines comme la meilleure marieuse d’Angleterre, la véritable difficulté tenait aux aspirations romantiques des jeunes filles.

       J'ai également beaucoup apprécié le personnage de Belinda parce qu'elle est différente de la plupart des héroïnes des romans Harlequin. En effet, Belinda a déjà été mariée et ce premier mariage s'est révélé être un échec ce qui a permis d'aborder la sexualité sous un autre angle : pour une fois, l'héroïne n'est pas une jeune oie blanche dont le premier amour est le "bon" et dont la première fois se passe comme sur un nuage. Il est utile parfois d'arrêter d'idéaliser les relations amoureuses pour que toutes les lectrices puissent se retrouver dans le personnage principal. Autre point fort de ce roman est que les scènes de sexe ne sont pas si nombreuses que ça, j'avais peur que ce roman soit trop érotique comme certains romans que j'ai eu l'occasion de lire, mais il reste malgré tout assez soft, privilégiant la relation amoureuse et son évolution (ce qui n'est pas plus mal).

       Mis à part ça, le roman se lit facilement, on retrouve les éléments qui ont fait le succès des éditions Harlequin mais j'ai mis uniquement trois étoiles car j'ai trouvé que l'histoire était trop prévisible (même si au début il y a un vrai doute pour savoir avec qui le marquis va finir, je n'étais pas sûre à 100% dans un premier temps, mais comme toujours - et malheureusement -, le suspens ne dure pas longtemps). Les ferventes lectrices d'Harlequin y trouveront leur bonheur mais je pense que j'en ai lus tellement que maintenant j'ai besoin de lire quelque chose qui sort un peu de l'ordinaire, avec une psychologie des personnages plus affinée. Je ne pense donc pas lire la suite de la saga "Les héritières américaines", mais les livres peuvent se lire de manière indépendante donc si vous ne lisez que ce roman, vous aurez un début et une fin, ça ne pose pas de problèmes.

    E N   C O N C L U S I O N

    ★★★☆☆   

       Les personnes qui aiment les romans Harlequin apprécieront ce roman car elles y retrouveront les ingrédients qu'elles aiment : on est vraiment transféré dans une autre époque qui fait rêver avec ses bals et autres festivités d'une époque désormais révolue. Ce roman est également assez original pour cette maison d'édition et je pense que si je dois conseiller un roman Harlequin, il fait partie du top 10 grâce à l'originalité du traitement du personnage de Belinda. L'histoire n'en reste pas moins assez banale, mais je pense que c'est ce qu'on aime dans ces romans : on a envie de s'évader au loin pendant quelques heures, de vivre une belle histoire d'amour et de rêver un peu. 7/10. 

    S.


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