• LA FILLE DE LAIDEN, SUZAN TISDALE

    [book] La fille de Laiden ∞ Review

    F I C H E   D U   L I V R E

    Titre : La fille de Laiden
    Auteur : Suzan Tisdale
    Nombre de pages : 464 pages
    Genre : Romance historique
    Éditeur : AmazonCrossing, 2016

    S Y N O P S I S

    Angleterre, 1343

       Orpheline de mère, Aishlinn est élevée par son père et ses frères, des êtres durs et cruels. Sa vie change à jamais la nuit où, confrontée à la terrible violence d’un homme, elle croit commettre l’irréparable et se voit contrainte de fuir son pays. Seule, à cheval, elle prend la route de l’Écosse. Son destin prend de nouveau une tournure inattendue lorsque, à bout de force, elle est secourue par une bande de guerriers Highlanders, menée par le redoutable Duncan McEwan. Mais elle découvre bientôt que si ce dernier est un féroce guerrier, il n’en est pas moins un homme bon et respectueux qui fait le vœu de la protéger. Entourée des Highlanders, Aishlinn reprend goût à la vie et découvre peu à peu que, loin d’être ordinaire et insignifiante comme elle le croyait, elle possède une force et un charme qui séduisent les hommes. Parviendra-t-elle à échapper aux Anglais lancés à sa poursuite ? Doit-elle résister à l’attirance irrépressible qui la pousse vers Duncan ? Au milieu des paysages sauvages des Highlands, Aishlinn, la fille de Laiden, va devoir faire face à son destin.

    (c) AMAZON

    M Y   I M P R E S S I O N (attention spoilers)

       Je me suis lancée dans la lecture de ce roman car j'ai été pendant très longtemps une grande amatrice de la collection "Les Historiques" de Harlequin et quand j'ai vu la couverture et lu le résumé du livre, ça m'a tout de suite rappelé ce type de romans donc je raffolais lorsque j'étais plus jeune (les jeunes filles en détresse était mon péché mignon). J'y ai retrouvé tous les ingrédients qui avaient su me charmer à l'époque : une héroïne qui n'avait pas une vie facile, s'enfuyait, tombait amoureuse, avec une touche d'aventure... Malheureusement, à l'heure actuelle, ce type de récit n'arrive plus à me subjuguer comme par le passé, j'ignore si c'est parce que j'en ai trop lu ou à cause de mon parcours personnel, mais quand je lis ce genre de romance, j'ai envie d'avoir quelque chose d'inattendu, ce que je pensais avoir trouvé dans ce roman dans la première partie, mais la suite m'a vraiment laissée de marbre.

    Ses yeux étaient d’un vert si prononcé… Ils contenaient beaucoup de douleur et de peur, trop à son goût. Mais quelque chose d’autre reposait juste sous la surface, quelque chose qui ne demandait qu’à être libéré. De la passion, du désir, oui ; mais pas dans un sens romantique ou physique. Non, il s’agissait de quelque chose de plus profond et précieux que ça. Au fond, elle voulait être plus que ce que les gens exigeaient d’elle, et c’était ce qu’il voulait lui offrir : la liberté d’être celle qu’elle était vraiment.

       Le début du roman m'a beaucoup intéressée et était très prometteur : Aishlinn a du caractère, elle a eu une enfance difficile et les circonstances l'ont poussée à s'enfuir, j'aime ce genre d'héroïne qui ne se laisse pas faire, qui n'est pas trop romantique, trop "lisse", même si au fil des pages, ses "premiers émois" la transforment un peu en ce personnage féminin fade que je retrouve trop souvent dans les romans sentimentaux. J'ai aussi apprécié le secret qui entoure la naissance de ce personnage, j'avais vraiment envie d'en apprendre plus sur sa mère et savoir qui était son père. C'est vraiment cette histoire de secret de naissance qui m'a poussé à continuer la lecture du roman car tout le reste est vraiment très cliché

    Ces pensées et désirs lui étaient auparavant totalement étrangers. Jusqu’à ces derniers jours, il s’était toujours imaginé être un esprit libre. Il n’avait jamais voulu être assujetti aux responsabilités qu’une femme et des enfants impliquaient. Il avait toujours apprécié de pouvoir aller et venir comme bon lui semblait, et il ne comptait plus la quantité de femmes avec lesquelles il avait partagé son lit. Mais aucune n’avait retenu son attention plus de quelques heures. Et aucune ne lui avait jamais fait désirer quoi que ce soit de plus que d’assouvir ses besoins physiques.

       Si j'ai apprécié que l'histoire se déroule dans les Highlands (j'ignore pourquoi, mais j'ai toujours plus apprécié un roman de ce type lorsque le beau mâle ténébreux était un highlander, les histoires de ces clans, les légendes qui entourent ces contrées m'attirent toujours autant), j'ai trouvé que le personnage de Duncan était d'une platitude horripilante. Oui, l'homme est beau, c'est un guerrier vigoureux, respecté par ses hommes, mais... devant la belle Aishlinn il devient tellement sensible... On voit bien que c'est une femme qui a écrit le roman et la psychologie du personnage masculin est vraiment à l'image de ce qu'on se fait dans notre imagination, mais j'ai trouvé ça un peu ennuyant (je n'arriverai jamais à comprendre comment un personnage masculin viril peut devenir un jeune homme au coeur tendre en l'espace de quelques pages...). Quant aux histoires de jalousie, elles m'ont bien fait rire tellement c'était ridicule. Je pense que si on enlève la partie "mystère de naissance", ce roman n'a vraiment aucun intérêt, même si l'histoire reste sympathique à lire, on a quand même un peu l'impression de tourner en rond, peu d'événements se passent en réalité, j'aurais peut-être aimé avoir un peu plus d'actions, de conflits entre les clans, de tension entre les Highlands et l'Angleterre car en se focalisant sur la romance, dépourvue de toute originalité, on s'ennuie un peu. 

    Merci à Netgalley de m'avoir fait découvrir ce livre.

    E N   C O N C L U S I O N

    ★★★☆☆

       Un roman qui se lit facilement, une histoire assez banale quand on est habitué à la littérature sentimentale, pour ma part, j'ai regretté que l'on retombe dans des schémas auxquels on s'attend, peu de surprises, quelques incohérences et lenteurs, rien qui me donne envie de lire les autres tomes de la saga. 6/10. 

    S.


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  • FLEUR DE NEIGE, LISA SEE

    [book] Fleur de Neige ∞ Review

    F I C H E   D U   L I V R E

    Titre : Fleur de Neige
    Auteur : Lisa See
    Nombre de pages : 404 pages
    Genre : Roman historique
    Éditeur : Flammarion, 2014

    S Y N O P S I S

       Dans la Chine du XIXe siècle, le destin de deux jeunes filles est lié à tout jamais. Fleur de Lis, fille de paysans, et Fleur de Neige, d'origine aristocratique, sont nées la même année, le même jour, à la même heure. Tous les signes concordent : elles seront laotong, âmes sœurs pour l'éternité. Les deux fillettes grandissent, mais si leur amour ne cesse de croître, la vie s'acharne à les séparer. Alors que la famille de Fleur de Neige tombe en disgrâce et que la jeune fille contracte le mariage le plus infamant qui soit, Fleur de Lis, par son union, acquiert reconnaissance et prospérité. L'amitié sacrée des deux femmes survivra-t-elle au fossé que le destin a creusé entre elles ?

    (c) BABELIO

    M Y   I M P R E S S I O N (attention spoilers)

       Étant amatrice de l'histoire et de la culture asiatiques, je déplore souvent que les romans se déroulant en Asie soient peu mis en avant (pour trouver celui-ci, j'ai dû passer des heures sur la bibliothèque Kindle -_- Donc si vous avez des suggestions, n'hésitez pas !). Jusqu'à présent, je tombais principalement sur des romans qui relèvent plus de l'exotisme, sans véritable "âme" : écrit par des Occidentaux pour des Occidentaux, or je recherchais désespérément une certaine authenticité et je pense l'avoir trouvée dans ce roman.

    Les fausses couches étaient monnaie courante dans notre district et les femmes n'étaient pas censées y attacher une grande importance, surtout s'il s'agissait d'une fille. Quant à la mort d'un nouveau-né, elle ne s'avérait dramatique que si l'enfant était un garçon. Dans le cas contraire, les parents étaient le plus souvent soulagés : cela ferait une bouche de moins à nourrir.

       Dans un premier temps, le roman aborde la vie quotidienne des paysans et leurs difficultés à travers la description de la petite enfance de Fleur de Lis, on découvre ainsi le quotidien des Chinois au 19e siècle, époque peu connue et peu évoquée dans les romans actuels, mais l'originalité de ce roman est qu'il se focalise vraiment sur la femme et ses conditions de vie, et plus particulièrement sur une enfant. À travers son regard, tout un flot d'émotions nous traverse par rapport à la misère, à la place des femmes "à l'étage" de la maison et surtout par rapport à plusieurs pratiques et coutumes de l'époque. En effet, le roman va nous parler d'une pratique assez connue : le bandage des pieds. Je ne sais pas vous, mais en ce qui me concerne, cette pratique a été très longtemps associée dans mon esprit à la Chine. Lorsque j'étais enfant j'avais vu un reportage qui en parlait et j'ai ensuite été persuadée que la coutume existait depuis des siècles et existait encore à l'heure actuelle : j'avais été traumatisée. Et ce roman m'a tout de suite rappelé les photos que j'avais eu l'occasion de voir à travers ce reportage, mais les mots étaient encore plus tranchants et incisifs, j'étais vraiment dégoutée en lisant les pages et j'ai eu envie de refermer le livre à plusieurs reprises tant je trouvais ça "dégueulasse". Mais je pense que c'était important que le livre en parle car je pense qu'on connait mal la pratique. Personnellement, je pensais juste qu'elle se bandait les pieds, avaient mal mais que c'était sans danger... Erreur fatale, on pouvait en mourir et si le bandage était mal fait, on se retrouvait avec des moignons, handicapée et la douleur pouvait persister jusqu'à la fin de nos jours... Cette cruauté fut vraiment un choc pour moi et je me suis demandée pourquoi on infligeait ça à des petites filles... tout ça pour avoir des petits pieds en forme de lotus... c'était vraiment barbare quand on pense à toute la souffrance que de ces petites filles et de ces femmes. Cette partie du roman m'a vraiment beaucoup touchée et j'avais envie de pleurer avec elle. 

       Outre cet aspect, j'ai apprécié découvrir les cérémonies funéraires, de mariage (toute l'histoire de la préparation du trousseau), j'avais vraiment l'impression de vivre avec cette famille au fil des pages et de découvrir les difficultés de la vie en même temps qu'elle. Un aspect qui m'a tout particulièrement intéressée est le "nu shu". Je n'avais jamais entendu ce terme avant (ni ma prof de chinois d'ailleurs), il s'agit d'une langue secrète que les femmes utilisaient entre elles à l'époque dans certaines régions chinoises, c'était un moyen de parler entre elles sans que les hommes puissent comprendre... Ce "langage féminin" a vraiment suscité mon intérêt et je trouve dommage que cette écriture se soit perdue à l'heure actuelle car elle faisait partie du patrimoine chinois quand on pense à ses origines et son utilisation, ce roman a donc le mérite de remettre en avant une pratique désormais oubliée. 

    Pour que mes pieds soient considérés comme parfaits, il fallait qu'ils obéissent après le bandage aux sept critères suivants : ils devaient être minuscules, étroits, élancés, pointus et cambrés, tout en restant parfumés et doux au toucher.

       Le lien qui unit les deux petites filles "laotong" est également intéressant car il permet de mettre en parallèle le destin de deux petites filles qui n'auraient jamais dû se rencontrer dans une société où les classes étaient bien cloisonnées. L'histoire de Fleur de Neige est vraiment très triste car on découvre que l'aristocratie peut aussi tout perdre très rapidement mais qu'il faut tout faire pour sauver les apparences et l'impact que cela aura sur sa relation avec Fleur de Lis. Malgré tout, une amitié profonde nait entre les deux petites filles et transcende la société chinoise si cloisonnée, néanmoins, on perçoit une vérité douloureuse qui se cache derrière tout ça et j'ai été très touchée par la fin quand Fleur de Neige se rend compte que Fleur de Lis n'a jamais cessé de l'aimer... Cela m'a peinée de voir qu'elles s'étaient éloignées pour des raisons un peu stupides et qu'elles avaient eu tant de mal à se retrouver, et de percevoir les nombreux regrets... Leur amitié est vraiment très belle (même si certains passages m'ont fait un peu douter : s'agissait-il entièrement d'amitié ? N'y aurait-il pas quelque chose de plus profond qui se cache derrière, donnant naissance à la jalousie ?).

       Les deux petites filles sont assez attachantes, mais les aitres personnages sont plus distants, froids. On a l'impression qu'il n'y a pas beaucoup d'attaches entre les parents et leurs enfants, qu'ils sont là simplement pour accomplir leurs devoirs... Mais c'est quelque chose que j'ai retrouvée dans d'autres romans se déroulant dans des contextes similaires, je suppose que les relations entre les membres d'une même famille ont évolué avec le temps et qu'on ne s'attachait pas aux enfants car on savait que la vie était fragile et que la mort guettait (cela ne m'a pas empêché de vouloir frapper les parents de Fleur de Lis, sa tante et son oncle ont quand même semblé plus humains).

    Dans l'espoir que ma famille me témoigne la plus élémentaire tendresse, j'ai accepté comme on l'a exigé de moi d'avoir les plus petits pieds bandés du district - et donc que mes os soient brisés, broyés, remodelés. Lorsque la souffrance s'avérait insoutenable et que mes larmes mouillaient mes bandages ensanglantés, ma mère venait me parler à l'oreille et m'encourageait à supporter une heure, un jour, une semaine de tourments supplémentaire, en me rappelant le bonheur qui m'attendait si je tenais bon un peu plus longtemps. Elle m'enseignait ainsi à endurer - non seulement les souffrances physiques liées au bandage et plus tard la grossesse, mais la douleur plus souterraine qui affecte notre coeur et notre âme. Elle mettait aussi l'accent sur mes défauts et m'apprenait à m'en servir, à les retourner en ma faveur. Dans notre contrée, nous appelons teng ai ce type d'amour maternel. Mon fils m'a expliqué que, dans l'écriture des hommes, il se compose de deux caractères : le premier signifie douleur, le second amour. Tel est l'amour maternel."

       Pour finir, j'ai aimé que Fleur de Lis prenne en charge la narration et qu'elle dise au début qu'elle va nous raconter notre histoire et qu'à la fin elle dise qu'elle a mis son histoire par écrit car cela confère au roman une véritable authenticité, on a l'impression qu'il s'agit d'une histoire vraie, qu'une dame âgée décide de mettre par écrit pour qu'on garde une trace de sa vie (un peu comme des mémoires), faisant plonger le lecteur dans l'intimité d'une personne, mettant en avant la sincérité du personnage... On avait l'impression que cette histoire aurait pu exister (certaines femmes ont d'ailleurs dû avoir des destins fort semblables à celui des personnages du roman). Ce roman a vraiment le don de nous transporter sur un autre continent à une autre époque grâce à ses très belles descriptions de la société chinoise du 19e siècle à travers une amitié qui n'a rien de banal. 

    Pour aller plus loin :

    • Site sur le nu shu • Article sur le nu shu (wikipédia) • Article sur le nu shu (en anglais) • Article sur le bandage des pieds (wikipédia) • Article sur les laotong (en anglais) •

    E N   C O N C L U S I O N

    ★★★★★

       Un roman passionnant que je conseille à tous les amoureux de la culture asiatique : ce livre est riche en connaissances sur les traditions de l'époque. J'ai apprécié que l'histoire se concentre sur la condition de la femme dans la Chine du 19e siècle et de découvrir un roman où la romance n'est pas omniprésente mais qui met en avant d'autres valeurs et d'autres éléments. L'auteur s'est fortement documentée pour écrire ce roman et c'est un véritable plaisir de se divertir tout en apprenant de nombreuses choses. 9/10. 

    S.


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  • LES MARIÉS DU BLITZ, HELEN BRYAN

    [book] Les mariés du Blitz ∞ Review

    F I C H E   D U   L I V R E

    Titre : Les mariés du Blitz
    Auteur : Helen Bryan
    Nombre de pages : 520 pages
    Genre : Roman historique
    Éditeur : AmazonCrossing, 2016

    S Y N O P S I S

       La guerre fait rage aux portes de l’Angleterre, et c’est toute la petite bourgade de Crowmarsh Priors qui se trouve ébranlée. Avec l’arrivée des enfants londoniens de la capitale, les raids aériens, le rationnement… les habitants s’organisent dans leur nouveau quotidien. Parmi eux, cinq femmes noueront une amitié indéfectible malgré les épreuves de la guerre. Qu’elles soient fille du révérend au cœur brisé par la rupture de ses fiançailles, jeune Américaine fraîchement arrivée au village, évacuée de Londres en quête d’une nouvelle vie, réfugiée juive, ou encore jeune londonienne intrépide, leur amitié les changera à jamais et leur loyauté les unes envers les autres ne flanchera pas. Cinquante ans plus tard, quatre d’entre elles retournent au village pour les commémorations du 8 mai 1945. Mais célébrer la fin de la guerre ne les intéresse pas : elles reviennent pour venger la cinquième.

    (c) AMAZON

    M Y   I M P R E S S I O N (attention spoilers)

       Au vu de mes dernières lectures, ce livre revenait souvent dans mes suggestions, mais j'avoue que j'ai longtemps hésité avant de l'acheter et encore plus avant de me lancer dans la lecture (je pense qu'il était dans ma bibliothèque kindle depuis 8 mois lol) car je trouvais que la couverture ne donnait pas très envie, je pensais que l'histoire allait tourner autour d'un seul couple séparé par la guerre et surtout j'ignorais ce que le terme Blitz signifiait. J'ai longtemps pensé que c'était le nom d'un quartier et cela ne suffisait pas pour attirer mon attention, mais j'ai eu bien tort. En effet, le Blitz n'est point un "quartier" en Angleterre comme je le pensais, mais la période durant laquelle l'armée allemande a bombardé l'Angleterre lors de la Seconde Guerre mondiale (7 septembre 1940-21 mai 1941). En s'intéressant à cette période, le roman m'a permis de découvrir tout un pan de l'histoire que je ne connaissais pas. En effet, je croyais que l'Angleterre avait été très peu touchée par la guerre, que le pays était trop loin, protégé par la mer et qu'il se contentait d'héberger les gouvernements en exil et d'envoyer une aide ponctuelle sur le continent, ce roman m'a donc permis de me rendre compte d'à quel point je me fourvoyais à ce sujet et d'en apprendre un peu plus sur une période qui me passionne.

    Dans les bonnes familles de La Nouvelle-Orléans les filles se mariaient jeunes, à moins de prendre le voile, et ensuite leur bonheur dépendait de leur capacité à gérer ménage et mari. Sinon…

       Si le roman commence en 1995 en parlant des commémorations des 50 ans de la fin de la guerre, on est ensuite très vite plongés à la fin des années 1930 en Autriche dans une famille juive. L'histoire de Tanni est bien triste mais fort semblable à celle que des milliers de Juifs en Europe ont connu : elle vivait dans un foyer aisé, elle avait passé une enfance heureuse, mais l'antisémitisme prégnant dans la région avait rapidement bouleversé sa vie et celle de sa famille. À travers son personnage, on découvre une jeune fille qui ne comprend pas vraiment la situation (pourquoi ne peut-elle plus aller à l'école ?), qui s'interroge quant aux disputes fréquentes de ses parents et la peur qui nait en eux. Comme beaucoup de familles juives, celle de Tanni songe à s'enfuir en Angleterre, mais elle attend un peu trop... Alors, je sais que ce n'est qu'un roman, mais j'ai l'impression que c'est un événement assez récurrent : ils veulent s'enfuir, mais attendent trop longtemps et se font arrêter, et à chaque fois, quand je lis ces passages, cela a le même effet sur moi, je me suis tellement impuissante, dégoutée et atterrée... Parfois, ce n'est que pour une question d'heure ou de jours, alors c'est vraiment frustrant de penser à toutes ces familles qui auraient pu être sauvées mais qui ont connu l'horreur de la déportation et des camps juste pour une **** question de timing. Mais pour en revenir au roman, Tanni réussit à atteindre l'Angleterre en épousant un professeur juif qui y travaillait, alors que ses parents restent en Autriche et tentent de lui envoyer ses deux petites soeurs grâce au Kindertransport (autre élément historique que j'ai découvert grâce à ce roman). 

       En Angleterre, Tanni vit dans un premier temps à Londres mais lorsque les bombardements commencent, elle est évacuée comme beaucoup d'autres à la campagne et c'est ainsi qu'elle atterrit à Crowmarsh Priors dans le Sussex et y fait la connaissance d'Elsie, Frances, Alice et Evangeline. Elsie était une adolescente des bas quartiers de Londres trop vieille pour être évacuée par le même programme que ses frères et soeurs, mais qui a été placée comme bonne à la campagne, Frances quant à elle est une riche héritière anglaise à la réputation sulfureuse que son père envoie à la campagne chez sa tante pour la "surveiller", Alice est une jeune institutrice, fille de l'ancien révérend, effacée, terne, qui a leur coeur brisé depuis que son fiancé l'a quittée pour une américaine, Evangeline - qui vient terminé le petit groupe. Les cinq femmes ont chacune leur propre personnalité, certaines s'entendent mieux que d'autres, mais la guerre va vraiment les rapprocher et les faire grandir et évoluer (j'ai quand même eu beaucoup du mal à apprécier Evangeline, j'ai trouvé ce qu'elle a fait à Alice vraiment horrible : elle s'est jetée à la tête d'un homme juste pour cacher sa grossesse, brisant le coeur de celle qui l'aimait vraiment et devant l'épouser... je crois que je suis trop sensible à ces histoires car je me fais toujours larguer pour une autre xD). 

    Je me suis rendu compte que les préoccupations communes à toutes les femmes, peu importe l’époque ou le lieu – tomber amoureuse, se marier, fonder une famille, avoir souvent du mal à joindre les deux bouts, ou bien subir le célibat, contraintes et forcées – valaient aussi pour la Seconde Guerre mondiale. Durant cette période sombre de leur vie, et malgré le rationnement, la peur de l’invasion et le lourd fardeau que l’effort de guerre leur imposait, quantité de femmes ont mené une bataille personnelle pour vivre à peu près normalement. Elles firent preuve du genre de courage qui n’est jamais mentionné dans les livres d’histoire.

       J'ai aimé comment le roman arrive à conserver l'intérêt du lecteur tout au long des 500 pages, pas une fois on a envie de passer des pages, on s'attache aux personnages, on a envie d'en apprendre plus sur leur quotidien (braconnage, arriver à gérer la vie quotidienne avec le rationnement, participer à l'effort de guerre, intégration à la home guard et les land girls), en plus, l'auteur y a subtilement ajouté d'autres événements qui tient le lecteur intéressé (les recherches pour retrouver les soeurs de Tanni et les faire rentrer illégalement en Angleterre, le "traitre" qui donne les indications sur la météo aux Allemands pour les bombardements, une femme qui devient espionne etc.). Le roman s'appuie également sur beaucoup de recherches et le contexte historique est bien maitrisé (on parle aussi de la situation des mulâtres à la Nouvelles-Orléans à l'époque, le sort des couples mixtes), on apprend énormément de choses et on se laisse transporter, même si on ne peut se défaire d'une certaine tristesse tout au long de la lecture quand on pense au sort des Juifs (voir que les gens n'étaient pas du tout au courant des camps, qu'on en parlait pas dans la presse anglaise) et de voir que tant de familles ont été séparées et incapables de se retrouver.

    Le mariage était une bénédiction mais aussi, d’après son expérience, une couronne d’épines.

       Selon moi le roman a très peu de points faibles, si je devais en émettre, je dirais que la partie qui se passe en 1995 (surtout au début du roman) m'a laissée de marbre, j'avais hâte qu'elle se termine (même si elle n'est pas très longue heureusement), j'ai aussi eu un peu de mal avec tous les prénoms des personnages féminins, j'avais du mal parfois à savoir qui était qui car parfois on les appelait par leurs noms de famille, parfois par leurs prénoms et il fallait suivre. La fin est aussi ce qui m'a le plus déçue. Elle n'est pas horrible, loin de là, mais selon moi, trop de questions sont restées sans réponse : quel est le sort du bébé de Frances ? Quel est le contenu de la lettre qui a "porté" le coup fatal au révérend ? Pourquoi les jumelles n'ont pas été retrouvées ? Quid de la vie de Richard après la fin de la guerre ? De plus, je suis un peu sceptique par rapport à la morale de l'histoire car à la fin, les personnages se font justice eux-mêmes et je me demande si les véritables victimes auraient réagi ainsi... 

    Pour aller plus loin :

    Article sur l'évacuation des civils • Article sur le Blitz • Bataille d'Angleterre • Vie quotidienne des femmes anglaise (photos)Rôle des femmes dans la Seconde Guerre mondiale • Article sur la Home Guard • Article sur la S.O.E • Article sur les Land Girls (en anglais)Unités auxiliaires •

    Merci à Netgalley de m'avoir fait découvrir ce livre.

    E N   C O N C L U S I O N

    ★★★★☆

       Un roman que j'ai apprécié de lire, avec une écriture agréable, une intrigue bien ficelée, une touche de romance, peut-être un peu déçue par la fin qui manque de détails à mon gout. Mais ce roman m'a permis d'approfondir ma connaissance sur l'histoire de la Seconde Guerre mondiale et pour moi il s'agit d'un élément primordial. Je le conseille à tous ceux qui aiment les romans historiques. 8/10. 

    S.


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  • ET TU N'ES PAS REVENU, MARCELINE LORIDAN-IVENS

    [book] Et tu n'es pas revenu ∞ Review

    F I C H E   D U   L I V R E

    Titre : Et tu n'es pas revenu
    Auteur : Marceline Loridan-Ivens
    Nombre de pages : 112 pages
    Genre : Témoignage historique
    Éditeur : Grasset, 2015

    S Y N O P S I S

    « J’ai vécu puisque tu voulais que je vive. Mais vécu comme je l’ai appris là-bas, en prenant les jours les uns après les autres. Il y en eut de beaux tout de même. T’écrire m’a fait du bien. En te parlant, je ne me console pas. Je détends juste ce qui m’enserre le cœur. Je voudrais fuir l’histoire du monde, du siècle, revenir à la mienne, celle de Shloïme et sa chère petite fille. »

    (c) AMAZON

    M Y   I M P R E S S I O N (attention spoilers)

       Il est parfois difficile de trouver un bon livre, je me suis donc laissée tenter par le challenge « romans historiques » de Livraddict 2017 pour faire mon choix et j’ai choisi ce livre écrit par une rescapée du camp de Birkenau. Ce livre m’a vraiment bouleversée mais en même temps j’ai été un peu déçue. En fait, je m’attendais à lire un roman avec de nombreux protagonistes et des bouleversements, un peu comme dans Le journal d’Anne Frank, mais en fin de compte, il s’agit plus d’un témoignage, d’une lettre d’une fille à son père dont l’absence a laissé un énorme vide. Si la forme de l’ouvrage m’a quelque peu laissée sur ma faim, il n’en reste pas moins que sur le fond, c’est une histoire extrêmement émouvante. J’ai toujours été touchée par les nombreux témoignages des rescapés des camps de concentration et d’extermination, mais celui-ci m’a vraiment bouleversée au plus haut point car je n’ai pu m’empêcher de m’imaginer à la place de Marceline, moi qui suis tellement proche de mon papa. C’était vraiment les larmes aux yeux que je tournais page après page, le récit n’est pas très long, il ne brasse pas énormément de matière, mais il est impossible de rester de glace face à un tel témoignage. J’ai apprécié de lire pour une fois un livre qui abordait la difficulté des rescapés de se réintégrer dans la société, on pourrait penser qu’après avoir vécu le pire, ils pourraient retrouver facilement le gout de vivre auprès des leurs, mais il n’en est rien… Ils sont complètement détruits et se reconstruire est très difficile, tout comme trouver sa place dans une société avec l’étiquette de « juif rescapé ». Comment réussir à vivre dans la société française partagée entre culpabilité et dégout face aux atrocités auxquelles elle a elle-même pris part ? Comment réussir à partager la vie de nos proches qui n’ont pas connu les camps ? Comment une famille peut se reconstruire après avoir perdu un père, un mari dans un camp ? Tant de questions qui sont souvent délaissées dans les romans qui abordent le sujet tant ils se concentrent sur la vie dans les camps, ce qui n’est pas du tout le cas ici. Marceline va très loin en parlant des conséquences de ces camps, jusqu’à la création d’Israël et la catastrophe du World Trade Center en 2001 qui a réveillé en elle d’horribles souvenirs. Bien évidemment, Marceline aborde certains aspects de la vie au camp, mais des moments forts, souvent très personnels. Elle n’a pas besoin de décrire ces aspects car son ouvrage s’adresse avant tout à son papa qui n’est pas revenu du camp d’Auschwitz, lui, il était comme elle, il avait connu l’horreur que les autres ne peuvent s’imaginer et ses mots ne cessent de la hanter « Toi tu reviendras peut-être parce que tu es jeune, moi je ne reviendrai pas ».

    Dans la vie, la vraie, on oublie aussi, on laisse glisser, on trie, on se fie aux sentiments. Là-bas, c'est le contraire, on perd d'abord les repères d'amour et de sensibilité. On gèle de l'intérieur pour ne pas mourir. Là-bas, tu sais bien, comme l'esprit se contracte, comme le futur dure cinq minutes, comme on perd conscience de soi-même.

       Marceline est également un personnage particulier, elle ne se lamente pas sur son sort, elle ne s’est pas forcée à devenir l’être que l’on attendait d’elle après la guerre, elle a décidé de prendre le parti de défendre la liberté des autres à défaut de pouvoir reconstruire sa vie personnelle, elle a pris part au monde politique, un peu comme Simone Veil qu’elle a côtoyée. Elle a participé aux plus grands bouleversements de son époque, c’est vraiment une grande dame qui se dévoile dans cet ouvrage, qui ose faire part de ses doutes, de ses convictions, le tout avec intensité et honnêteté. C’est un témoignage qu’il faut lire dans une époque où l’on tombe à nouveau dans la haine de l’Autre, pour ne pas oublier jusqu’où la bêtise humaine peut mener.

    E N   C O N C L U S I O N

    ★★★★★   

       Un ouvrage qui nous captive du début à la fin, très émouvant et très sincère, qui se lit d'une traite mais laisse un souvenir impérissable. 9/10. 

    S.


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  • L'ÉPOUVANTEUR - TOME 1, JOSEPH DELANEY

    [book] L'épouvanteur, Tome 1 : L'apprenti-épouvanteur ∞ Review

    F I C H E   D U   L I V R E

    Titre : L'Épouvanteur, Tome 1 : L'apprenti-épouvanteur
    Auteur : Joseph Delaney
    Nombre de pages : 275 pages
    Genre : Roman fantastique/fantasy/jeunesse
    Éditeur : Bayard Édition Jeunesse, 2005

    S Y N O P S I S

       "L'Épouvanteur a eu de nombreux apprentis, me dit maman. Mais peu ont achevé leur formation. Et ceux qui y sont parvenus sont loin d'être à la hauteur. Ils sont fragiles, veules ou lâches. Ils se font payer fort cher de bien maigres services. Il ne reste que toi, mon fils. Tu es notre dernière chance, notre dernier espoir. Il faut que quelqu'un le fasse. Il faut que quelqu'un se dresse contre les forces obscures. Tu es le seul qui en soit capable. " Thomas Ward, le septième fils d'un septième fils, devient l'apprenti de l'Épouvanteur du comté. Son maître est très exigeant. Thomas doit apprendre à tenir les spectres à distance, à entraver les gobelins, à empêcher les sorcières de nuire... Cependant, il libère involontairement Mère Malkin, la sorcière la plus maléfique qui soit, et l'horreur commence...

    (c) AMAZON

    M Y   I M P R E S S I O N (attention spoilers) 

       J’aime beaucoup les récits fantastiques mais je déplore très souvent de trouver des schémas trop répétitifs, où la romance prend le pas sur le fantastique. À défaut de trouver un synopsis qui me plaise dans la littérature pour adultes, je me suis tournée vers la littérature jeunesse et j’ai été agréablement surprise. Il faut avouer que si Amazon n’avait pas fait une offre éclair sur le roman au format kindle, je serais probablement passée à côté. Je n’en avais jamais entendu parler et je trouve que la couverture ne donne pas très envie, mais au final, j’ai bien fait de me lancer.

    La pluie se mit à tomber. Froide, serrée, elle me cinglait le visage. Mon père l'aurait qualifiée de "pluie qui mouille". Toutes les pluies mouillent, évidemment. Mais certaines semblent plus déterminées que d'autres à vous tremper comme une soupe. C'était le cas de celle-ci, et je me hâtais vers la demeure de l'Epouvanteur.

       Le premier tome de cette série qui en comprend douze à l’heure actuelle met en place un monde qui ressemble très fortement au nôtre. En fait, du point de vue des lieux, je n’ai guère été dépaysée. J’ai rapidement situé l’intrigue quelque part en Grande-Bretagne car j’ai trouvé que la description des lieux s’y prêtait fort bien. Cela aurait pu me décevoir si je m’étais attendue à un monde utopique, mais cela ne m’a pas ennuyée. Au contraire, j’ai apprécié cet ancrage dans la réalité car cela permet de plonger le lecteur directement dans l’histoire vu qu’il ne perd pas ses repères.

       Ensuite, l’histoire en elle-même est bien écrite. L’auteur a un style intéressant, pas de longs discours ni de descriptions interminables, il dose juste comme il faut les deux pour que le lecteur soit pris dans l’histoire. J’ai trouvé son écriture vraiment fluide et j’ai lu le roman à la vitesse de l’éclair sans jamais m’ennuyer. J’ai beaucoup aimé suivre ce roman où le jeune Tom fait ses débuts en tant qu’épouvanteur. Dans son apprentissage, il m’a un peu rappelé le héros de Harry Potter. Il est un peu gauche au début, ne s’attend pas au destin qui est sien, il y a un secret de famille, par une série d’essai et d’erreur il apprend pour en sorti grandi. Le changement dans la psychologie du personnage n’est pas flagrant : l’auteur sait y aller doucement pour ménager le suspense et surtout ne pas donner l’impression que les choses vont trop vite. Il n’hésite pas à parler des craintes de Tom : l’apprenti est encore un petit garçon et tout comme le public auquel s’adresse l’ouvrage, il peut avoir peur la nuit, il a encore besoin des conseils de sa maman, etc. J’ai beaucoup aimé que le personnage central soit si jeune, j’avais peur que s’il avait été plus âgé, on soit à nouveau tombés dans les mêmes travers avec une romance qui prend le pas sur le roman d’apprentissage. J’ai également apprécié le côté didactique du livre : Tom doit à chaque fois noter ce qu’il découvre sur les créatures, tenir un journal, et ainsi, j’ai eu l’impression que moi aussi je faisais un apprentissage pour devenir épouvanteur car j’apprends en même temps que lui.

    Il n'y a rien dans cette maison qui puisse te nuire tant que tu te comportes bravement. Souviens-toi: l'obscur se nourrit de peur. Domine ta peur, et aucune ombre ne tentera quoi que ce soit contre toi.

       Si Tom est très attachant et qu’on a envie de voir comment il va finir par se débrouiller, un autre personnage a réussi à m’intriguer : sa maman. On parle très peu du passé de la maman de Tom, on sait juste qu’elle vient de Grèce (c’est d’ailleurs étonnant de retrouver un personnage d’origine grecque dans un roman fantastique), mais elle semble être un pilier du roman. Tom a beaucoup d’estime pour elle et j’ai parfois eu quelques hésitations : est-ce qu’il est en train d’idéaliser sa maman ou est-elle vraiment une héroïne ? Un véritable mystère entoure sa maman et ses pouvoirs… et le mystère n’est pas dévoilé à la fin du premier roman. On sait juste que le maître épouvanteur semble également la mettre sur un piédestal... comme j’ai été curieuse, j’ai été lire les synopsis des tomes suivants pour savoir qui était vraiment la maman et ça m’a beaucoup surprise, j’ai vraiment envie de lire les autres tomes pour connaître les détails et savoir comment ce personnage est mis en avant et comment son histoire est dévoilée.

       J’ai également apprécié le personnage d’Alice car au début on ne dit pas quel genre de « créature » elle est, on dit juste qu’il faut s’en méfier car… elle a des chaussures pointues. Ce personnage est vraiment à double tranchant et ambivalent, j’ai eu du mal à savoir si elle était vraiment gentille ou si elle était méchante, et cette tension entre le bien et le mal est vraiment présente chez elle tout au long du roman au point où Tom se demande s’il doit la tuer ou pas. J’avais un peu peur que l’introduction de ce personnage féminin fasse sombrer le roman dans la romance, mais pour le moment l’auteur a réussi à éviter cet écueil.

    - Je n'ai pas tout compris, à propos des sorcières, dis-je.
    - C'est simple, expliqua-t-il. Les pernicieuses sont mauvaises, les bénévolentes sont bonnes. Quant aux inconscientes, elles ignorent qu'elles sont sorcières. Et, comme elles sont également femmes, elles causent deux fois plus de problèmes. Ne fais jamais confiance à une femme!
    - Ma mère est une femme, répliquai-je avec un brin d'irritation. Et je lui fais confiance.
    - Les mères sont généralement des femmes, ironisa l'Epouvanteur, et généralement dignes de confiance au moins pour leurs fils.

       En évitant d’inclure des dizaines de personnages et en se concentrant sur quelques principaux, l’auteur ne se disperse pas et permet au lecteur de rester concentré sur l’histoire principale et le monde dans lequel il évolue qui ressemble tant au nôtre, avec un petit côté mystique et nébuleux en plus, le tout avec une grande justesse.

    E N   C O N C L U S I O N

    ★★★★☆      

       Même s’il s’agit d’une œuvre de jeunesse, ce roman peut être lu par tous avec une grande facilité. On est rapidement pris par l’histoire qui est très limpide, les personnages sont attachants et je ne me suis pas ennuyée une seconde. L’atmosphère du roman a un petit côté moyenâgeux : des petits villages éparpillés, des métiers simples et ruraux ; le tout avec un aspect « hanté » grâce aux gobelins, pendus, fantômes et sorcières. Je vais essayer de lire le Tome 2 bientôt car j’ai beaucoup apprécié cette histoire et je veux en apprendre plus sur les apprentis de l’épouvanteur qui ont précédé Tom ainsi que sur sa maman. Je mets 8/10 à ce roman car j’ai passé un excellent roman en le lisant.

    S.


    8 commentaires


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