• [book] Abîmes et ténèbres T.1 ∞ Review

    ABIMES ET TENEBRES TOME 1 - L'ECLIPSE, NORA ROBERTS

    [book] Abîmes et ténèbres T.1 ∞ Review

    F I C H E   D U   L I V R E

    Titre : Abîmes et ténèbres. Tome 1 : L'Éclipse
    Auteur : Nora Roberts
    Nombre de pages : 505 pages
    Genre : Dystopie fantastique
    Éditeur : Éditions J'ai Lu, 2018

    S Y N O P S I S

       Le virus s’est déclaré au matin du jour de l’An ; il a décimé le tiers de la population et plongé le monde dans le chaos. New York est tombé aux mains de pillards, forçant les survivants à l’exode. À la croisée des chemins, les destinées se révèlent et une solidarité inouïe voit le jour. Arlys, qui a tout risqué pour continuer à exercer son métier de journaliste, se lie à Rachel et Jonah, qui ont laissé les urgences pour sauver une jeune mère et trois nouveau-nés. Leur petite communauté est rejointe par Max et Lana, unis malgré les trahisons par l’espoir contagieux qu’ils placent dans leur enfant à naître.

    (c) FLAMMARION QUEBEC

    M Y   I M P R E S S I O N (attention spoilers)

        Avant de rentrer dans le vif du sujet, je vais m’intéresser pour une fois à l’aspect « livre » de cette nouvelle découverte. En fait, je trouve que le synopsis des éditions J’ai Lu est vraiment nul car il spoile quasi l’entièreté du roman (c’est plus un synopsis pour l’ensemble de la saga que pour le premier tome). J’ai donc opté, en créant cette fiche, pour le synopsis des éditions Flammarion Québec qui offre un meilleur aperçu du roman sans pour autant dévoiler la fin de l’histoire (c’est d’ailleurs ce synopsis là qui m’avait donné envie de lire l’histoire). Passons ensuite au titre de la saga et de ce premier tome. Selon moi, les éditeurs ont fait un très mauvais choix, surtout comparé à la version originale « Chronicles of The One, book 1 : Year One ». À mon humble avis, le titre anglais donnait une meilleure idée du roman que le titre français. On y découvre la notion de « The One » qui indique ainsi le personnage central autour duquel va tourner la saga (et la prophétie), mais aussi la notion de « première année » qui explicite le rôle de ce premier tome. Bref, ça n’a rien avoir avec le titre pompeux français qui ne donne aucune véritable indication sur le roman en soi car j’ai beau y réfléchir, je ne vois pas du tout le lien entre l’éclipse et le roman que je viens de lire. Mis à part cela, j’aime bien la couverture des éditions J’ai Lu. Elle donne un côté plus féminin au roman et moins sombre que la couverture de l’édition originale reprise par Flammarion Québec, tout en conservant la notion de corbeau qui me semble primordiale.

    Les Pilleurs prennent ce qu'ils veulent et détruisent le reste. Ils pissent dessus, ils chient même des fois. Ils n'en veulent pas, mais ils refusent que quelqu'un d'autre s'en serve.

       Nora Roberts… Il s’agit probablement de l’auteure qui a le plus bercé ma jeunesse (avec Danielle Steel). J’adorais ses romans sentimentaux, mais j’ignorais qu’elle s’était essayée à d’autres genres depuis (fantastique, policier), j’ai donc été quelque peu surprise quand je suis tombée sur ce roman, mais il s’agissait vraiment du type d’histoire que j’avais envie de lire et je me suis dit que si Nora Roberts avait réussi à me transporter par le passé grâce à la fluidité de sa plume, elle allait sûrement réussir une fois de plus. Même si le début fut quelque peu laborieux (j’ai eu beaucoup de mal à me plonger dans l’histoire les vingt premières pages à cause de l'aspect prophétique justement "il ignorait qu'il serait mort dans trois jours", etc.), la magie a opéré une fois de plus, au point que j’ai dévoré ce roman en moins de 48 heures, ne dormant presque plus, tellement j’étais happée par l’histoire.

       Contrairement à ce que certains lecteurs ont pu dire, je n’ai pas considéré que c’était un livre à éviter avant d’aller se coucher. En soi, l’histoire est assez sombre, je le concède, et certains passages nous donnent envie de pleurer (la cruauté de l’Homme me fera toujours cet effet, je le crains), mais la vision du monde décrite n’est pas cauchemardesque au point d’en perdre le sommeil ou d’avoir une nuit agitée (sauf si vous êtes comme moi et trépignez d’impatience de lire la suite). Nora Roberts nous décrit ici un monde post-apocalyptique où l’Humanité a été décimée par un virus comme je les aime dévoilant ainsi la véritable nature de chaque homme : va-t-on sombrer dans le chaos et les meurtres en rejoignant le groupe des Pilleurs ou au contraire, partager de véritables valeurs telles que la solidarité et l’entraide ? Car au final, tous les personnages rencontrés finissent par entrer dans une de ces catégories : soit ils succombent aux ténèbres, soit ils se tournent vers la lumière.

    — J'ai une théorie, répondit Arlys. Les grandes crises, vraiment monumentales, font ressortir le meilleur ou le pire chez l'homme. Parfois les deux. Et des crises peuvent aussi n'avoir aucun effet sur certains individus. Autrement dit, quelles que soient les circonstances, un connard reste un connard.

       Si jusque-là l’histoire n’a rien d’original (c’est un peu ce qui arrive dans tous les films et romans post-apocalyptiques), l’intérêt est que l’auteure mêle à ce monde la magye (oui, avec un « y », ça m’a quelque peu surprise pendant ma lecture, mais on s’y fait). Le virus a en effet libéré une certaine force renforçant les pouvoirs de certains ou en en faisant découvrir à d’autres. Encore une fois, la dualité apparaît entre les bons et les méchants magyques. Cette nouvelle distinction est à mettre en parallèle avec celle qui existait déjà entre les humains et crée un nouveau clivage humain/magyque, avec l’apparition d’un nouveau groupe dirigé par un fanatique religieux (on n’en parle pas beaucoup, mais ils font déjà énormément de dégâts, je pense que ce sujet sera plus amplement développé dans le prochain tome). Cet aspect, très bien travaillé par l’auteure, permet une véritable réflexion sur la nature humaine, sur l’acceptation de la différence. J’ai été touchée par plusieurs personnages magyques rejetés et traqués par les humains ; mais j’ai aussi été choquée par l’impact que ces pouvoirs peuvent avoir sur les magyques en les faisant basculer du côté sombre.

       Outre ce thème, l’auteure s’interroge aussi sur les fondements de notre société lorsqu’il s’agit pour certains personnages de créer une nouvelle communauté après tous ces phénomènes : qui doit s’imposer comme le chef ? Sur quelles bases ? Faut-il imposer des lois ? Que faire avec les gens qui ne les respectent pas ? Comment réussir à souder une communauté composée de gens qui ont vécu des choses traumatisantes et ont perdu tous leurs proches ? Tous ces éléments sont bien traités par l’auteure, ce qui dénote qu’elle a beaucoup réfléchi aux conséquences que pourrait avoir un tel virus sur notre société actuelle.

       Les personnages qu’elle a créés sont également tous attachants à leur façon et très variés, sans trop tomber dans les clichés. Ils sont tous différents, certains semblent « louches » au départ, mais se révèlent au final de très bons alliés (ne pas se fier aux apparences !). J’ai tout particulièrement aimé le personnage d’Eddie. Lors de la première occurrence de ce personnage, il apparaît comme un junkie, on a envie de s’en méfier, mais accompagné de son fidèle ami à quatre pattes Joe, il se dévoile comme un bon samaritain, qui accorde une grande importance aux valeurs de famille, de solidarité. Il représente aussi un peu l’humain lambda et ses références populaires (à des chansons, des films que tout le monde connaît) m’ont beaucoup fait rire et m’ont montré comment les gens pourraient essayer de comprendre ce qu’ils vivent en le comparant à des éléments connus tels que des films qu’ils ont pu voir. L’humour n’est pas totalement absent de ce premier tome, ce qui permet de relativiser un peu la situation et nous accorde quelques pauses bien méritées loin des tensions presque omniprésentes dans la lecture. Je pense notamment à la scène de l’accouchement qui m’a beaucoup fait rire : j’avais presque l’impression de me retrouver dans un monde normal en lisant ces quelques pages.

    Avec le gouvernement en proie au chaos, de nouvelles craintes d"attaques terroristes s'embrasaient. Mais les terroristes, comme les autres, étaient occupés à trépasser.

       L’auteure a réussi à bien doser les différentes parties du récit : quand le virus s’abat sur les grandes villes, le chaos qui en résulte, puis le départ des personnages immunisées pour fuir les ravages causés par les Pilleurs, les difficultés de cet exil, la construction d’une nouvelle communauté en se focalisant à chaque fois sur un certain groupe de personnages. Il y a beaucoup de tensions dans ce roman causées notamment par l’inconnu : comment savoir qui on va rencontrer, si ces personnages sont dignes de confiance, si des « méchants » ne vont pas nous tomber dessus et tuer nos camarades ou détruire tout ce qu’on a mis en place, etc. En cela, le roman m’a beaucoup fait penser à la série The Walking Dead (les zombies en moins comme le souligne justement Eddie) et je pense que ça participe aussi au succès de ce roman : on a envie de savoir ce qui va arriver, mais en même temps on a peur car l’être humain est par nature imprévisible.

       En conclusion, c’est un très bon roman qui, pour moi, aurait pu se faire en un seul tome en modifiant l’un ou l’autre élément car une suite n’est pas nécessairement indispensable (même si dans l’état actuel du livre, il reste beaucoup d’inconnues, on ignore le sort de la plupart des personnages, etc.). D’après ce que j’ai cru comprendre, le tome 2 sortira en français début 2019 et fera un saut dans le temps de treize ans… Je pense que ce roman se basera plus sur l’aspect fantastique du roman (la prophétie dont les magyques parlent tant), donc j’ignore si je le lirai car c’est surtout la thématique « post-apocalyptique » qui m’intéressait.

    E N   C O N C L U S I O N

    ★★★★☆   

       Excellent roman d’une auteure qu’on ne présente plus. Le mélange fantastique/dystopie est équilibré, tout comme le style de l’auteure qui ne nous assomme pas de descriptions. Le rythme de l’histoire est soutenu, il y a beaucoup de rebondissements, les personnages sont bien construits et variés. Un premier tome très réussi que je recommande à tous les amateurs de récits post-apocalyptiques. 9/10.

    S.


  • Commentaires

    1
    sooki
    Il y a 5 heures

    Les synopsis sont souvent problématiques, tout ou rien, rarement pile-poil.

    A la lecture de ton résumé, on se demande effectivement ce que l’éclipse vient faire dans cette histoire, avec effectivement un titre pompeux « abîmes et ténèbres », une phase initiale rattachée au chaos ou dominante ? pas clair, voir(e) carrément obscur.

    Un auteur prolifique en romans sentimentaux, une grande partie de ceux-ci ont été adaptés en téléfilms pour ceux qui n’aiment pas lire.

    Merci pour la Review, ça permet d’avoir une certaine idée de l’ouvrage, et ne pas être assommé par les descriptions ça peut attirer le chaland.

    Perso, je fuis le thème post-apocalyptique, il y a avalanche continue en ouvrages, films, séries… ici le genre indiqué est « dystopie fantastique », ça rend mieux (le y est un cygne/signe) yes

    Encouragements pour tout happy

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